Une dégustation avec Benoît Gouez est toujours un grand moment pour qui est passionné par le champagne et l’oenologie. Et les défis que va rencontrer la Champagne du futur face au réchauffement climatique animent le chef de caves de Moët & Chandon. Ainsi alors que la maison sort son Grand Vintage 2015 en brut et en rosé, il y voit là correspondance avec l’année 2022. De fait, l’année 2015 aura été celle de l’extrême, marquée par une longue période de chaleur, de mars à août et une récolte qui aura duré plus de 21 jours. Pour Benoît Gouez, il s’agit là d’un changement qui évolue rapidement : « Depuis 2003, nous avons vendangé huit fois en août. Mais face à ces évolutions, nous avons commencé à changer, à prendre plus de risques et à sortir du dogme. En 2022, nous nous étions positionnés le 15 août et nous avons dû décaler d’une dizaine de jours. Au fur et à mesure, l’on progresse et l’on a intégré de nouvelles approches de la maturité, on ne parle plus de sucre ou d’acidité, d’ailleurs pour moi l’acidité c’est une expression analytique mais pas de dégustation, je préfère parler fraîcheur. Nous devons désormais évoquer le tanin, les structures phénoliques, voire les dégustations de baies. On a la capacité d’apprécier si un fruit est mûr ou pas ! ». Avec ces évolutions, Benoît Gouez a le sentiment, « qu’il va falloir faire le deuil du champagne des années 60/70 ». Et d’ajouter : « Je suis très confiant en l’intelligence champenoise, qui a une capacité adaptation et de résilience. Le champagne d’aujourd’hui ne sera pas le même que celui d’hier. Il faut faire un bon état des lieux et se poser sur les bonnes questions pour le futur. Il nous faut réactualiser nos levures et bactéries. Refaire un état des lieux existants pour trouver des souches dominantes ».
« On a appris et l’on a enrichi notre expérience »
Avec ces dernières vendanges, encore encore d’autres questions se sont posées en termes de vinification : « cela n’a pas été simple, avec des manques de références sur l’azote ou le sucre, mais l’on a appris et nous avons enrichi notre expérience. Lors des premières dégustations, nous avons été surpris, un peu serrés, avec un côté végétal, les vins se sont exprimés progressivement, mais c’est vrai qu’il faut être patient avec certains vins. D’ailleurs je n’ai pas encore décidé de mon assemblage pour le millésime 2022, je ne veux pas passer à côté d’un vin à haut potentiel ». En revanche le Moët Impérial avec sa base 2022 est déjà tiré : « Moet Impérial doit être à l’image de la Champagne en respectant l’équilibre. Nous l’avons élaboré avec 42 % pinots noirs, 39 % de meuniers, 18 %% de chardonnays(79 % en base 2022, 21 % de vin de réserve moitié 2020/2019). Cette année, nous allons réaliser quatre assemblages de Moët Impérial précise Benoît Gouez. Puis évidemment comme c’est Moët, il faut savoir que ce sont près de 1200 vins qui sont regroupés en pré-assemblages et déterminés selon un profil afin d’offrir 80/90 vins à déguster pour les assemblages. Toutefois Benoît Gouez tient à le préciser “On ne fait jamais le meilleur Moet Impérial possible, mais le meilleur sans compromettre l’avenir. Aujourd’hui il faut gérer ses volumes de réserves c’est une priorité ! ».
Le verre à champagne de Benoît Gouez

Mais si le vin a son importance, on le sait assez en Champagne le verre aussi. Ainsi la Maison Moët & Chandon vient de créer son propre verre à champagne : « J’avais envie d’explorer une autre voie et de redéfinir la flute qui ne rend pas justice au champagne et ne pas basculer dans le verre à vin. Avec Gérard Lehmann et Gérard Liger-Belair, je voulais trouver un point juste entre les courbes, l’équilibre aromatique et le goût ai, point de vue du verrier, point de vue pur les courbes et le juste équilibre en l’aromatique et le goût qui fonctionne avec toutes les cuvées de la maison. Il nous fallait un début de paraison très concave et un piqué très profond, pour forcer la hauteur de vin (12 cl )qui permet d’apprécier et de centrer l’effervescence. Puis une partie convexe pour que le vin respire ainsi qu’une fin de paraison très droite qui permet de bien déguster. En fait, il y avait trois axes de travail sur le droit, le convexe et le concave, trois comme les trois cépages ». Pour les matheux, en voici les exactes mesures :largeur du buvant : 60 +1 mm, argeur du verre : 86 +1mm, largeur du pieds : 78 + 0,5 mm et hauteur : 248 +1 mm.
Grand Vintage 2015

Alors que cette année la maison va célébrer son 280 ème anniversaire, Moët & Chandon dévoile le 76e Millésime de sa collection et son 45e Millésime Rosé. Comme nous l’avions évoqué précédemment, l’année 2015 aura été celle de l’extrême, marquée par une longue période de chaleur, de mars à août et une récolte qui aura duré plus de 21 jours. Après une sécheresse sans précédent, l’ensoleillement et la chaleur ont donné des fruits puissants, à la maturité hétérogène. Le Grand Vintage 2015 est assemblé avec 44 % de pinots noirs, 32 % de chardonnays et 24 % de meunier. Son dosage est de 5 g/litre. Le Grand Vintage 2015 est quant à lui élaboré avec 52 % de pinots noirs (dont 13 % de vins rouges), 27 % de chardonnays et de 21 % de meunier. Il est également dosé à 5 g/litre
Prix TTC conseillé Grand Vintage 2015 : 80 €
Prix TTC conseillé Grand Vintage Rosé 2015 : 100 €




