Accueil Abonnés Le Champagne Moussé crée la Light 26, un flacon allégé de 75...

Le Champagne Moussé crée la Light 26, un flacon allégé de 75 cl aux qualités proches du magnum

Reproduire, dans une bouteille de 75 cl, les conditions d’évolution observées en magnum : c’est l’idée fondatrice du projet Light 26, né au sein du Champagne Moussé, sous l’impulsion de Cédric Moussé. Pensée dès l’origine comme un outil œnologique, cette bouteille ne cherche pas à être plus légère par principe. Son allègement est le résultat d’un travail de fond sur l’architecture du flacon, mené pour rapprocher le comportement du vin de celui observé en magnum.

Tout commence par une dégustation. Il y a une dizaine d’années, à Cuisles, Cédric Moussé compare trois formats d’un même vin : un demi de 37,5 cl, une bouteille de 75 cl et un magnum de 150 cl. Le constat est immédiat. À vin identique, le comportement diffère. Le magnum se distingue par une évolution plus régulière et une stabilité supérieure dans le temps.

Dix ans de projet

De cette observation naît une question simple. Peut-on reproduire ces qualités dans le format majoritaire en Champagne ? C’est autour de cette interrogation, formulée dès l’origine par Cédric Moussé, que se construit le projet Light 26, bien avant toute réflexion sur le poids du verre.

Il faudra près de dix ans pour que cette idée prenne corps. Les premiers échanges techniques avec un verrier interviennent environ six ans après la dégustation fondatrice. Ils mettent rapidement en lumière la complexité du défi. Le verre impose ses contraintes. La pression interne dépasse les 6 bars. Les marges d’erreur sont faibles. Un an supplémentaire est nécessaire pour formaliser un cahier des charges précis.

L’architecture du flacon entièrement repensée

L’objectif est alors clairement posé. Il s’agit d’agir pour qu’une bouteille de 75 cl se comporte comme un magnum, tout en respectant les exigences mécaniques de la Champagne, où une bouteille standard pèse en moyenne 835 g, certaines atteignant 900 g. Descendre sous la barre des 800 g reste rare.

Pour y parvenir, l’architecture du flacon est entièrement repensée. Le diamètre du col est réduit de 3 mm. La chambre gazeuse passe de 3,3 % à 2,3 %, un ratio proche de celui d’un magnum. Le bouchon, plus petit, limite les échanges gazeux et les entrées d’oxygène. La forme générale de la bouteille est également redessinée afin de réduire le contact entre le vin et sa lie, contribuant à une évolution plus stable et plus maîtrisée dans le temps.

Le projet change de dimension avec l’implication de SaverGlass. Au Havre, ingénieurs et techniciens travaillent sur la répartition du verre, les épaisseurs et la géométrie du flacon. Progressivement, une évidence s’impose. En redistribuant mieux la matière, il devient possible d’en utiliser moins. L’allègement apparaît alors comme un effet direct de cette optimisation structurelle, et non comme un objectif en soi.

La Light 26

Le dessin de la Light 26 s’appuie sur des principes architecturaux et naturels, chers à Cédric Moussé. Le nombre d’or, la suite de Fibonacci, π ou encore la forme de l’œuf servent de références. Le diamètre du flacon reste identique à celui d’une bouteille de 900 g, soit 88,4 mm, afin de garantir la compatibilité avec les outils de vinification existants. En revanche, la hauteur est recalculée, la piqûre réduite et la bague renforcée. Le centre de gravité est abaissé. La stabilité est améliorée.

En février 2025, la Light 26 entre en production industrielle. Dans l’usine SaverGlass du Havre, 137 000 bouteilles sortent des fours. Le poids moyen atteint 725 g, soit environ 110 g de moins qu’une bouteille standard. Le taux de verre recyclé atteint 80 %. La mise en bouteille, réalisée au printemps, se déroule sans incident technique.

Les effets logistiques sont rapidement mesurables. À volume équivalent, 20 % de bouteilles vides supplémentaires peuvent être transportées par camion. Le même gain est observé pour les bouteilles pleines par palette. Cette optimisation entraîne également une réduction comprise entre 5 % et 22 % sur certaines matières premières, comme les bouchons, les capsules, les coiffes ou les cartons.

La Light 26 n’est pas un manifeste pour la bouteille allégée

La Light 26 fait aujourd’hui l’objet d’un suivi spécifique du Comité Champagne. Considérée comme une bouteille spéciale, elle ne peut être intégrée telle quelle aux procédés industriels classiques. Des essais sont menés sur une durée de trois ans, notamment au sein du GlassLab, afin de valider la sécurité, la durabilité et la conformité aux normes œnologiques et environnementales.

Parallèlement, SaverGlass travaille à une nouvelle étape. L’objectif est de produire la Light 26 sur un four hybride, alimenté au gaz et à l’électricité, afin de réduire encore l’empreinte carbone du flacon.

Toutefois la Light 26 n’est pas un manifeste pour la bouteille allégée. Le projet ne s’inscrit pas dans une logique de réduction du poids comme finalité. Il repose sur une conviction simple, portée par Cédric Moussé depuis l’origine : le contenant influence profondément l’évolution du vin. En repensant la répartition du verre et les proportions du flacon, Champagne Moussé a cherché à offrir à la bouteille de 75 cl les conditions de vieillissement d’un magnum. L’allègement n’en est que la conséquence.