Assemblée générale du SGV

Si l’on suit l’actualité champenoise, aucun accord n’a été trouvé aujourd’hui pour déterminer le rendement “marché” des prochaines vendanges (lire ici). Le président du Syndicat général des vignerons de Champagne a tenu à faire le point avec deux communiqués : l’un pour la presse, l’autre pour les adhérents du SGV.

Selon le communiqué de presse du SGV, les représentants du vignoble (SGV Champagne) et du négoce (UMC) se sont réunis ce jour, au sein du Comité Champagne, pour décider du rendement pour la récolte 2020. À ce stade, les délégations n’ont pas réussi à se retrouver autour d’une position commune. Le SGV Champagne considère que l’objectif du négoce au travers des propositions qu’il défend vise surtout à alléger une partie de ses stocks. Au contraire, le vignoble défend un niveau de rendement qui permette de couvrir les expéditions de l’année 2020 et d’assurer la pérennité des exploitations.

Maxime Toubart, président du SGV explique ainsi dans ce même communiqué : ” Nous avons toujours réussi jusqu’alors à nous mettre d’accord avec le négoce, dès le mois de juillet, partant du principe que le rendement devait être fixé à partir des caractéristiques qualitatives de la récolte et de l’évolution des marchés. Nous ne comprenons pas pourquoi le négoce propose des niveaux de rendement faibles qui ne correspondent pas à ses propres prévisions d’expéditions en 2020. Le négoce prouve ainsi que son principal objectif est d’alléger ses stocks. Si les rendements sont en deça des ventes, les conséquences seront lourdes avec la disparition d’exploitations et des licenciements économiques. Le SGV Champagne, pour sa part, défend un niveau de rendement qui corresponde aux ventes réelles de bouteilles de champagne en 2020 et qui permette d’assurer la pérennité du plus grand nombre d’exploitations. Les données économiques pour le mois de juin témoignent d’un rebond de l’activité notamment chez les vignerons. Nous sommes conscients du ralentissement de l’économie mondiale mais souhaitons rester résolument optimistes pour l’avenir. Les prévisions d’expéditions pour l’année 2020 qui ont été présentées, il y a quelques jours, sont consensuelles entre le négoce et le vignoble. C’est notre ligne de conduite pour le niveau de rendement. La récolte s’annonce qualitative et il est aussi important pour les consommateurs et les amateurs de champagne de qualité que les vignerons puissent récolter de la vendange fraiche. Nos arguments n’ont pas encore convaincu nos interlocuteurs. C’est pourquoi nous avons préféré nous quitter et espérons que le négoce mettra à profit les prochaines semaines pour revenir avec des propositons plus raisonnables et plus réalistes. D’ici là, nous disposerons de nouvelles données économiques (mois de juillet). Nous avons profité, ce matin, de la présence des préfets de la région Grand Est et du département de la Marne pour souligner que le négoce avait pu bénéficier des mesures de soutien public mises en place par le gouvernement (prêts garantis par l’Etat, chômage partiel…) pour faire face à la crise de la COVID-19 alors que le vignoble a poursuivi son activité et maintenu l’emploi. Nous nous sommes émus aussi de l’absence d’écoute du gouvernement sur notre demande légitime d’éxonération de charges sociales”.

Le message aux adhérents…

À noter qu’un mot a également été adressé aux adhérents : ” Nous nous sommes réunis ce matin avec les représentants des maisons de négoce au sein du CIVC pour décider du niveau de rendement pour la récolte 2020. Nous n’avons pas réussi à nous retrouver autour d’une position commune et n’avons donc pas pu prendre une décision. Nous ne sommes pas d’accord sur les objectifs recherchés au travers de la fixation du rendement.

Le négoce cherche surtout à alléger ses stocks malgré le fait qu’il est devenu plus optimiste sur ses prévisions de marché. Le niveau de rendement qu’il défend aujourd’hui est certes plus élevé qu’il y a quelques semaines mais se situe en deçà de ses propres prévisions d’expéditions en 2020.

Le SGV, pour sa part, défend un niveau de rendement qui corresponde aux ventes réelles de bouteilles de champagne en 2020 et qui permette d’assurer la pérennité du plus grand nombre d’exploitations.

Nous n’avons pas réussi, ce matin, à nous retrouver autour d’une analyse et d’une proposition commune et avons donc décidé de nous revoir avant les vendanges.

Nous sommes conscients que l’absence de fixation de rendement à la fin du mois de juillet ne facilite pas la préparation de la prochaine récolte. Nous n’étions pas prêts cependant à nous mettre d’accord à n’importe quelle condition. Nous avons aussi dénoncé ce matin, le double discours de certaines maisons dont les représentants sur le terrain défendent des niveaux de rendement importants alors que leurs dirigeants dans les négociations plaident pour des rendements faibles.

Nous espérons cependant nous retrouver autour d’une même vision et proposition avec le négoce d’ici quelques semaines”.

Devenez membre soutenez La Champagne de Sophie Claeys

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.