Accueil Abonnés Première dégustation de champagne avec le cépage voltis !

Première dégustation de champagne avec le cépage voltis !

Un autre monde organoleptique ! Nous sommes là au cœur de la machine, celle qui doit définir le protocole pour intégrer le la variété de cépage voltis dans le cahier des charges de l’appellation Champagne. Souvenons-nous que c’est l’année dernière que l’ODG champagne a intégré de nouvelles variétés dans leur cahier des charges, une possibilité encadrée par la réglementation française et européenne. Ces nouvelles variétés sont dénommées Variétés d’intérêt à des fins d’adaptation (VIFA). Elles concernent 5 % maximum des surfaces, 10 % maximum des assemblages et dix années d’observation voire dix autres de plus si nécessaire.

Et c’est au Comité Champagne que se déroule cette dégustation d’exception : « ce sont des vins qui intègrent la variété de cépage voltis. Ce sont des protocoles expérimentaux qui nous ont permis d’accompagner la démarche auprès de l’INAO pour faire évoluer le cahier des charges de l’appellation » explique Charles Goemaere, directeur du Comité Champagne. Des échantillons qui ont été construits avec un objectif, et une grande question « est-ce que le voltis mérite de rentrer dans l’appellation champagne ou non ? »`.

Ce travail entamé il y a plus d’une dizaine d’années voit émerger ainsi les prémices de la création de nouvelles variétés résistantes, dont le voltis grâce à deux programmes complémentaires, l’INRAE-Restur et CEPinnov. Grâce à 90 pieds plantés sur le vignoble argilo-calcaire de Plumecoq,  il est possible d’entrevoir un certain futur de la Champagne. D’ailleurs depuis cette année de nombreuses coopératives, maisons voire vignerons ont déjà planté quelques ares de voltis pour savoir si des essais peuvent être transformés. Ainsi en 2023/24, 45 opérateurs champenois ont ou vont planter 5,4 ha sur une cinquantaine de parcelles.

L’Avenir de la Champagne

À la tête de ce dispositif du Comité Champagne, Géraldine Uriel, responsable du service “Matériel végétal & production” et Juliette Fristot, cheffe de projet innovation variétale. Deux ingénieurs agro plongées dans un univers presque sans fin à la recherche sans cesse renouvelé, mais absolument passionnante puisqu’il s’agit de l’avenir de la Champagne.

Plus concrètement, il s’agit de déguster cinq vins effervescents. Ce sont des vignes de parcelles jeunes sur le terroir tardif de Plumecoq. Les vins sont travaillés en lot de 160 kg. Ils sont vinifiés en cuverie expérimentale avec une fermentation malolactique, ils sont non dosés. Par le biais d’un QR code, quelques questions sont posées aux dégustateurs. Des questions sur l’odeur, le goût, s’il y a ou non présence d’un défaut, si les vins s’apparentent à du champagne et peuvent justifier de l’appellation. Ci-dessous, voici les vins proposés avec leur pourcentage d’intégration en voltis et leurs notes.

 

 

Comme on peut le voir le voltis s’adapte au mieux avec le chardonnay et il est bénéficie également d’une résistance élevée au mildiou, totale à l’oïdium, d’une faible sensibilité au Botrytis. L’exercice de cette dégustation est inspirant et apporte quelques réponses même s’il faudra laisser le temps au temps et de nombreuses autres dégustations intégrant les dosages, les millésimes, pourquoi les rosés…pour avancer.  Mais on le sait en Champagne, le temps long est un atout. Il suffit de se plonger dans l’histoire du vignoble champenois pour le savoir.