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Réflexions sur les vendanges 2022 aux champagnes AR Lenoble et Franck Bonville

On le sait ô combien, la vendange en Champagne est hétérogène. Cet adjectif qui semble revenir tous les ans sur l’appellation lors des périodes de cueillette est encore plus marqué encore plus cette année. Que cela soit par les cépages et les terroirs bien évidemment, mais également par la maturité et le fruit voire le rendement.

Antoine Malassagne (Champagne AR Lenoble)

Une situation particulièrement visible chez Antoine Malassagne, Maison AR Lenoble à Damery. Ce dernier a débuté sur son secteur il y a déjà une semaine, ayant obtenu une dérogation pour une vieille vigne. « Avec des vendanges qui commencent au mois d’août on est sûr des degrés même dans les meuniers, pour l’instant je suis à 10, 5°/11, 5° » indique Antoine Malassagne. Qui ajoute légèrement déçut « à la dégustation des mouts, ce n’est pas très aromatique, certes il y a beaucoup de sucrosité, mais très peu de pH, et les jus sont durs à venir. Franchement, ce ne sont pas les mouts du siècle« . De plus, Antoine Malassagne se dit que désormais : « il nous faut accélérer, car nous ne gagnerons pas davantage d’arôme en attendant plus longtemps. De plus, j’ai l’impression que si on laisse encore du temps les raisins vont se déshydrater sur place« . Quant aux rendements, le patron d’AR Lenoble n’est pas non plus enthousiasmé : « En fait depuis 20 ans j’ai chuté de 30% en volume, car mes vignes sont enherbées. Et justement en volume cette année, ce n’est pas miraculeux, les grappes ne sont pas si lourdes que ça avec des caisses à 43 kg au lieu 50kg. L’année dernière j’ai fait 4 500 kg/ha, cette année je pensais faire autour de 13 500/14 000, si je fais 11 500 kg/ha, ce sera très bien ».

Olivier Bonville (Champagne Franck Bonville)

 

Autre lieu et autre situation, chez Olivier Bonville (Champagne Franck Bonville) en plein coeur de la Côte des Blancs à Avize qui vient tout juste de commencer ses vendanges: « Franchement, c’est très beau. Le sucre est là, le fruit aussi et les grappes sont superbes même si les baies sont petites. On pourra faire quelque chose de bon et de beau » dit-il en mesurant le degré du premier marc rentré. Celui d’une vieille vigne située à mi-coteau d’Avize, une vigne (So4), soit 11,3°au densimetre.

Pour l’instant, plein d’espoirs puisqu’il a entamé ses vendanges hier matin,  Olivier Bonville reconnaît toutefois également le problème de rendements : « on n’aura pas les rendements auxquels nous nous serions attendus, je pense que je ne dépasserai pas les 14 000 kg/ha alors que le rendement maximal 2022 est de 16.500 kg ».