En se réinventant pour trouver une nouvelle inflexion voire un nouveau souffle en tant que vigneron, Olivier Bonville (Champagne Franck Bonville) modifie son activité sur le domaine familial pour mieux progresser. À la cinquantaine, cet enfant d’Avize, grand spécialiste du blanc de blancs, veut changer de vie…
En Champagne, on le sait dans le Vignoble, une première génération a acquis la terre, une deuxième a structuré l’environnement technique et la troisième a fait évoluer la commercialisation et l’exportation. Et Olivier Bonville en fait partie : « quand j’ai repris le domaine en 1996, c’était pour développer la partie commerciale et export. Pendant 20 ans, je me suis occupé des finances, des salariés (15 au total), des fournisseurs, de la communication… en conjuguant ces activités avec mon travail à la vigne et à la vinification« . Ainsi l’exploitation familiale d’une quinzaine d’hectares, dans le triangle d’or de la Côte des Blancs, prospère atteignant près de 130 000 bouteilles vendues chaque année. Concomitamment à ce développement, le vigneron attire de plus en plus les journalistes du vin mettant en valeur les qualités de ses champagnes. Pourtant au fil des années, si l’affaire va bien, l’homme se pose des questions : « J’espérais retourner complètement en production. Je veux désormais me préoccuper uniquement de la terre et du vin. » Des préoccupations ô combien évidentes pour ce vigneron amoureux des terres de craies de la Côte des Blancs.

« Des vins qui me correspondent »
Mais fallait-il encore dénicher « la perle rare » pour le décharger de toutes les tâches administratives. C’est en la personne de Ferdinand Ruelle-Dudel qu’Olivier a trouvé la bonne épaule pour assurer la responsabilité de la partie commerciale et administrative de l »entreprise. Un ancien missilier d’une filiale d’Airbus (MBDA), ingénieur de formation et membre de la famille d’Olivier Bonville, qui revient ainsi sur les terres champenoises : « Ce changement a été motivé tout d’abord par l’adhésion au projet proposé par Olivier et surtout par la complicité et la confiance qui guident nos échanges. Mon intérêt certain pour le vin, ainsi que le souhait de nous installer avec mon épouse dans la région où nous avons grandi ont également favorisé la décision« . Le duo est formé et fonctionne.
L’objectif pour Olivier Bonville est désormais d’aller plus loin. Plus loin en termes de viticulture, mais également de vinification, « je veux créer des vins qui me correspondent. Des vins plus riches, plus longs, plus gourmands« . Ainsi en projet, des bruts sans années dotés d’une pointe de « bois » pour le côté aromatique et épicé, mais également des cuvées liées à la personnalité d’Avize parcelle par parcelle selon leur situation sur le plateau ou sur les hauteurs. Selon le gré de ses envies et de son ressenti, Olivier Bonville veut travailler au plus proche de la nature pour mieux la faire découvrir.




