Accueil Abonnés Retour sur l’assemblée générale de la Fédération des vignerons indépendants de Champagne 

Retour sur l’assemblée générale de la Fédération des vignerons indépendants de Champagne 

Avec comme invité d’exception,  Jean-Marie Fabre, président national de la Confédération des Vignerons indépendants, l’assemblée générale 2023 de la Fédération des Vignerons indépendants de Champagne a été un moment de remise en perspective du travail réalisé ces trois dernières années et surtout du déploiement qui s’est accéléré en 2022.

La présidente Christine Sévillano, élue en mai 2022, s’est tout d’abord félicitée des très bons résultats des ventes de champagne en général, et a rappelé de nouveau, pour ceux qui hésitaient encore, qu’il était temps de se désengager du négoce et d’aller prendre les places qui se sont créées par une augmentation de la consommation et celles libérées par les pénuries ici et là. « c’est une opportunité à ne pas rater, alors saisissons-la; d’autant plus que nos champagnes de récoltant-manipulant sont de plus en plus demandés », a-t-elle martelé. Elle a aussi rappelé les objectifs approuvés par le Conseil d’administration : être force de proposition en Champagne, aider les vignerons dans leur quotidien parfois semé d’embûches administratives et les faire monter en compétences dans leur métier tellement polyvalent, grâce notamment aux différentes commissions de travail ouvertes aux adhérents, administrateurs ou non, et ce dans le but d’enrichir les débats.

Cette année a également été une année aussi riche en termes de RSE (Responsabilité Sociétale des Entreprises) pour la Fédération champenoise engagée aux côtés des Restos du Cœur, mais aussi de Bulles Innovation Solidaire, sous la bienveillance de la sénatrice Vanina Paoli-Gagin, qui a permis d’embarquer vignerons, partenaires et artistes dans un projet de collaboration avec à la clé des fonds pour financer des panneaux solaires sur des logements sociaux.

Aide et fidélité

Christine Sévillano a rappelé aussi le travail mené depuis plusieurs années notamment au Salon de l’Agriculture sur le stand de la Confédération nationale auprès des élus afin d’obtenir gain de cause sur des sujets épineux comme le maintien de l’exception des 72 heures de travail des pressureurs au moment de la vendange, le logement des saisonniers, la HVE ou encore les transmissions. Elle s’est également félicitée de l’opportunité que Jean Rottner, suivi par son successeur Franck Leroy, a donné à notre Fédération Grand Est (constituée avec les Alsaciens en 2020) de pouvoir être partie prenante dans la rédaction du prochain Contrat de filière de la région Grand Est qui fixe les objectifs et les aides pour les vignobles régionaux. « Avec Francis Backert, mon co-président alsacien, nous sommes fiers d’avoir été les premiers à remettre nos propositions le 1er mars dernier », affirme Christine Sévillano.

La parole a ensuite été donnée au directeur Arnaud Daverdon qui est revenu sur le développement des services de la Fédération, et deux nouveautés : les journées de l’aide (administratif, export et nouvelles technologiques) dédiées aux adhérents et avec l’assistance de nos partenaires; ainsi que le développement de la marque employeur afin de fidéliser et remercier ses collaborateurs et salariés dans un marché de l’emploi de plus en plus volatil : « Nous développons un écosystème bienveillant tourné vers l’humain, pour répondre aux besoins de nos adhérents et leurs salariés. L’objectif est que chaque récoltant-manipulant se sente écouté et puisse s’appuyer en toute confiance sur la Fédération ». Autant de nouveautés et même plus à découvrir lors d’une journée exceptionnelle le 2 juin prochain à Mardeuil ouverte aux vignerons adhérents et non adhérents pour faire connaître les services, offres et travaux de la Fédération.

Cahier des charges HVE

Le dernier temps de l’assemblée générale a été consacré à la prise de parole du président Jean-Marie Fabre, qui a rappelé le poids de la Confédération nationale, qui permet d’être entendu par les pouvoirs publics, et ce aussi grâce au travail et aux relais que constituent les fédérations locales comme la Fédération champenoise. Il a rappelé que les vignerons représentaient 60 % des surfaces, 65 % du chiffre d’affaires et 70 % de l’emploi, et qu’environ 70 % des exploitations viticoles sont exportatrices. Il a aussi souligné que la consommation de vin dans le monde augmente chaque année de 2 à 3 % par an alors que la production reste stable. Autant de critères qui peuvent satisfaire. Mais dans le même temps, la résilience climatique, la résilience économique et la politique de santé, les trois orientations du président sont fortes, car menaçantes pour l’activité vigneronne. Il a ensuite fait un point sur le cahier des charges de la HVE, qui vient d’être revu avec une hausse des unités d’azote pour la fertilisation, tout en rappelant que le travail n’était pas fini sur ce dossier, à savoir de pouvoir différencier engrais organique et engrais minéral. Car les unités d’azote acceptées aujourd’hui sont encore en deçà de ce qui est permis pour l’agriculture bio.

Autre sujet : le travail mené par le député Eric Girardin sur les transmissions, pour lequel il a entendu les vignerons indépendants et les difficultés de nos exploitations. Une tâche qui doit être poursuivie comme l’a rappelé le président dans le cadre de la Loi d’Orientation Agricole qui arrive prochainement au Parlement. Il a également évoqué la force du logo « Vigneron Indépendant » qui est gage d’artisanat pour 90 % des interrogés dans le cadre d’une étude d’Opinion Way en 2020, 89 % de qualité et pour 86 % de protection de l’environnement.

Jean-Marie Fabre a surtout justifié la légitimité de la Fédération des Vignerons indépendants de Champagne qui a beaucoup œuvré en sa présence au Salon de l’Agriculture, mais aussi l’importance de travailler avec les autres organisations viticoles, et une « co-construction », également souhaitée par Christine Sévillano pour la Champagne.