Accueil ECONOMIE Taxe numérique : la Champagne refuse de devenir la cible des États-Unis

Taxe numérique : la Champagne refuse de devenir la cible des États-Unis

À la veille de l’examen du Projet de loi de finances 2026, la taxe sur les services numériques (TSN) revient au cœur du débat. La Champagne réagit immédiatement, car cette hausse pourrait ranimer les tensions commerciales avec les États-Unis. La filière redoute des mesures de rétorsion, déjà évoquées à plusieurs reprises par Washington.

« Une cible dans le dos de la filière vin »

La TSN vise surtout les géants américains du numérique. Le Comité Champagne s’inquiète, car ces entreprises disposent d’un poids politique majeur aux États-Unis. David Chatillon, coprésident du Comité Champagne, résume ses craintes :
« On comprend bien la volonté des parlementaires dans les discussions de ce Projet de loi de finances d’équilibrer le budget. Mais, en adoptant une telle taxe, on accroche une cible dans le dos de la filière vin. Dans un climat diplomatique tendu, les vins et les spiritueux français sont des victimes collatérales désignées ».

Une filière déjà sous pression

La Champagne fait face à plusieurs difficultés. D’abord, les droits de douane américains restent élevés. Ensuite, le taux de change pénalise les exportateurs.Maxime Toubart, coprésident du Comité Champagne, insiste : « Notre filière locale est déjà fragilisée par le droit de douane supplémentaire de 15 % et par un effet de change particulièrement défavorable. De nouvelles sanctions américaines aggraveraient la situation ».

Le spectre d’une riposte américaine

La Fédération des exportateurs de vins et spiritueux (FEVS) partage la même analyse. Son président, Gabriel Picard, rappelle que Washington a déjà préparé une liste de sanctions. « Il faut que nos sénateurs comprennent que les Américains sont prêts à dégainer. En 2020, ils ont établi une liste de rétorsion en réaction à la mise en place de la Taxe sur les services numériques. Cette dernière, prête à l’emploi aujourd’hui, comprend 25 % de taxes additionnelles sur certains produits ».

Il précise aussi que cette liste pourrait rapidement s’étendre :« Avec l’augmentation de la taxe, cette liste pourrait être étendue et cibler davantage de produits iconiques français. Des élus et des entreprises américaines appellent déjà le Président Trump à réagir ! Et au final, qui paiera la taxe sur les services numériques ? Le consommateur français… on aura réussi l’exploit d’impacter deux fois notre économie ».

Un appel à la prudence

La filière Champagne demande donc aux parlementaires de reconsidérer la hausse. Ses représentants rappellent que les exportations jouent un rôle essentiel pour l’économie régionale et nationale.
Ils concluent d’une seule voix : « Nous appelons nos parlementaires à la raison en ne sacrifiant pas nos emplois, nos exportations et nos terroirs. »