Accueil Filière Champagne Traite d’êtres humains pendant les vendanges en Champagne : prison ferme pour...

Traite d’êtres humains pendant les vendanges en Champagne : prison ferme pour trois prévenus

Une affaire nommée « Les vendanges de la honte » ! (lire ici) Le tribunal correctionnel de Châlons-en-Champagne a condamné, lundi 21 juillet, trois personnes à des peines de prison ferme pour traite d’êtres humains dans le cadre des vendanges 2023. Les prévenus ont exploité une cinquantaine de travailleurs, souvent sans papiers, logés dans des conditions indignes dans le vignoble champenois.

La principale prévenue, dirigeante de la société de prestations viticoles Anavim, a écopé de quatre ans de prison, dont deux ferme avec mandat de dépôt. Poursuivie également pour travail dissimulé et emploi d’étrangers sans autorisation, elle aurait mis à disposition un hébergement dangereux et insalubre à Nesle-le-Repons, au sud-ouest de Reims. Ce logement, contrôlé en septembre 2023 par l’inspection du travail, avait été fermé par la préfecture en raison d’un état jugé « répugnant » et d’installations électriques menaçant la sécurité des occupants.

Deux autres prévenus, impliqués dans le recrutement des vendangeurs en Île-de-France, ont été condamnés à un an de prison ferme pour l’un, et à deux ans et un an de prison avec sursis pour l’autre.

Le tribunal a ordonné la dissolution de la société Anavim et infligé une amende de 75 000 euros à la coopérative vinicole de la Marne SARL Cerseuillat de la Gravelle, qui avait eu recours à ses services à des tarifs « extrêmement concurrentiels ». Le parquet avait requis une amende plus lourde, à hauteur de 200 000 euros.