
Eric et Isabelle Coulon (Champagne Roger Coulon à Vrigny) font partie de la bande de Trait d’Union. Un clan regroupant quelques figures du « haut du panier » du vignoble champenois (Selosse, Egly–Ouriet, Jacquesson et Larmandier-Bernier), « the cream of the cream » !. Et comme chacun d’entre eux, il est temps de passer le relais à la génération suivante… doucement et tranquillement comme il se doit en Champagne où le temps est le maître-mot. Comme le souligne Isabelle Coulon, « transmettre c’est une vraie opportunité quand les successeurs s’engagent pleinement » .
Donc une transmission comme une évidence pour Eric et Isabelle, avec leurs enfants, Louise et Edgar Coulon. Avec son diplôme d’école de commerce, spécialisée dans le commerce international vins et spiritueux à Dijon, Louise Coulon, 27 ans, est revenue sur le domaine en 2019. Quant à Edgar, 29 ans, il est doté d’un cursus technique à Avize et d’une formation à Beaune et à l’étranger. Un duo parfait pour une Champagne se doit désormais d’assurer dans divers domaines tels le commerce, la vinification, la viticulture et l’export. « Jeunes ils ont découvert qu’ils aimaient notre travail, et maintenant ils travaillent avec nous, et ils apportent leur évolution tout en respectant l’histoire du domaine, c’est une phase magnifique » se réjouit Eric Coulon.
« On est très souvent d’accord »
Pour Edgar Coulon, il s’agit surtout d’une continuité, comme une suite logique liée à une enfance bercée d’amour et de bons petits plats : « Avant d’aimer le vin, on a aimé la cuisine, car on cuisinait beaucoup à la maison. Nous avons vécu ici et on a été rythmé en fonction des saisons de la campagne viticole, palissage l’été quand on était ado, habillage des bouteilles… » se souvient-il. Toutefois, comme il le reconnaît : « on a toujours eu le choix ». Désormais, en tant que jeunes adultes, leurs positions comptent au sein des décisions familiales : « ce sont des décisions collégiales » précise Louise Coulon. Ce regard neuf associé à une expérience acquise ailleurs permet d’apporter une différence, même si la culture familiale n’est jamais très loin : « On partage des tâches, on échange, on dialogue, on est très souvent d’accord, et on arrive à facilement s’entendre ».
Car pour Louise et Edgar Coulon, l’évolution ne veut pas signifier la révolution, cette transmission du domaine est surtout incarnée par ce lien fort avec leurs parents qui leur ont insufflé le gout ainsi que l’amour du domaine et de la nature. Ce que reconnaît Eric Coulon, qui, lui, a dû reprendre l’exploitation au décès de son père en 1982 mais, « la force de mon handicap est d’avoir perdu mon père, je me suis construit plus vite« . Une construction de vie et de vigneron mettant en valeur la viticulture de proximité avec un domaine de 11 ha sur 115 parcelles certifié bio autour de Vrigny, Faverolles et Coëmy, Chouilly… « chaque parcelle est connue et reconnue avec une vraie présence à la vigne ». Et comme l’ajoute son fils «On fait notre métier avec des convictions ».
Des convictions qui font échos à cette phrase d’Eric Coulon : « la transmission est réussie, quand les enfants se mettent dans le risque, non pas dans la rente« .




