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Une très rare bouteille de Joseph Perrier datant de la Belle Époque offerte au Champagne Joseph Perrier

Benjamin Fourmon, président de la Maison Joseph Perrier et Damien Vignaud,le généreux collectionneur

Il y a des contes de Noël qui se déroulent en été. Une histoire parfaite dotée d’une fin tout aussi parfaite. Le Champagne Joseph Perrier en est le héros tout autant que Damien Vignaud. Collectionneur, passionné de vins, ce dernier, pharmacien à Épinal, vient d’offrir à la maison un flacon de Joseph Perrier remontant aux années 1860/1905. Un vrai cadeau pour Benjamin Fourmon, actuel président et sixième génération de Joseph Perrier dont l’œnothèque remonte au milieu du siècle dernier. Il possède ainsi une vingtaine de bouteilles datant de 1953 (il parait également qu’il reste des 1949…), mais on le sait la Champagne n’a pas toujours laissé reposer ses trésors en caves,  à l’époque pour certains mieux valait les vendre.

 

Mais revenons au don de cette vénérable cuvée. Trouvée chez un antiquaire, achetée 45 euros, Damien Vignaud a cherché à la dater. Et c’est par Instagram qu’il a pu joindre la maison Joseph Perrier fort intriguée par l’étiquette. Dans quel état était-elle ? Pouvait-elle être rachetée ?  Bon, pour vous la faire courte, à la suite d’échanges téléphoniques, Damien Vignaud, généreux comme savent l’être les amateurs de vins, a indiqué sa préférence : « je ne voulais pas la vendre, mais la déguster » et s’est donc rendu en Champagne chez Joseph Perrier pour la déboucher avec Benjamin Fourmon, son père, Jean-Claude et la cheffe de caves Nathalie Laplaige… ainsi que quelques journalistes. Comme le dit le proverbe « Beauté sans bonté est comme vin éventé ».

Pour le recevoir, le trio a bien fait les choses avec une dégustation d’une verticale d’anciens millésimes : les millésimes, 2004, 2002, en magnum collection Réserve Héritage qui sortira cet automne, Esprit de Victoria Blanc de Blancs 2000 et les millésimes 1989, 1982, 1973 et 1953 ! Mais évidemment le clou du spectacle oserait-on dire a été cette fameuse bouteille datant de la Belle Époque. Une bouteille Ay Carte d’Or datée entre 1860 et 1906 d’après l’étiquette et la piqure de la bouteille. Pour avoir eu la chance de pouvoir déguster plusieurs très vieux millésimes (dont le plus vieux, Perrier-Jouët 1825), c’est toujours avec beaucoup d’émotion que l’on assiste à ce cérémonial, celui de l’extraction du bouchon, ensuite celui du service à la goutte près, puis arrivent les notions d’organoleptiques en humant et goûtant le vin.  L’effervescence a disparu,  le liquide est désormais brun, presque sirupeux, très dosé  sûrement à plus de cent grammes par litre (la maison va définir le dosage en sucre), pourtant encore très fruité, portant encore des impressions de champagne. Un élixir de jeunesse !