Alors que l’on évoquait dernièrement des essais de fermentation « sans malo » dans certaines maisons de champagne avec le réchauffement climatique (lire ici) , deux grands chefs de caves de la Champagne la pratiquent eux depuis des années. Hervé Dantan (Lanson) pour ses millésimes (la fermentation malolactique faite pour une partie pour les bruts sans année) et Cédric Thiebault (Besserat de Bellefon) pour tous ses vins.

Puisque les deux marques appartiennent au groupe Lanson-BCC, cette dégustation de vins clairs, oserait-on dire « corporate », s’est déroulée …chez moi. La crise du Covid 19 permettant peu ou prou de se réunir à l’intérieur des maisons, cela semble plus facile de se retrouver dans mon intérieur d’autant que nous ne sommes qu’à quelques kilomètres (voire centaines de mètres). Verres à dégustation, crachoirs, distances sanitaires, gel hydroalcoolique, petite serviette …tout y est. Ainsi qu’une dizaine d’échantillons provenant des différents terroirs de la Champagne.

C’est d’ailleurs en cela que la dégustation de vins clairs est passionnante. On y découvre les mille facettes des crus de la Champagne. Ainsi ce Mesnil-sur-Oger tout en minéralité et en fraîcheur, ce  Cumières tout en puissance et particulièrement long en bouche de la maison Besserat de Bellefon. Tout comme on peut apprécier cet assemblage d’un trio de pinots noirs de Verzy, Ambonnay et Aÿ qui associent le fruité et le croquant. Chez Lanson, on démarre avec quelques vins dont la fermentation malolactique a été effectuée à l’instar d’un Trépail, cru historique de la maison, un chardonnay parfumé et épicé ou d’un Bassuet (cru fétiche d’Hervé Dantan !) aux notes d’amandes. Autre lieu et « sans malo », on se rend sur les terres de Verzenay avec un pinot noir cueilli à maturité qui laisse une belle persistance en bouche. Puis à Verneuil, (vignoble en propre de la maison certifié bio) où le meunier révèle une très belle fraîcheur.

Si certains de ces vins sont déjà destinés pour la Cuvée des Moines  (Besserat de Bellefon) ou pour le  Black Réserve (Lanson), pour les deux hommes de l’art, la question de millésimer ou pas l’année 2020 ne se pose pas, car c’est une évidence ! « La qualité est là pour un millésime » souligne Cedric Thiebault, et puis comme le signale Hervé Dantan,  » 2018, 2019, 2020, trois années formidables, il nous faut ce fameux triptyque !« .


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