Il existe des moments parfaits. Celui-ci en fait partie (enfin pour moi bien entendu !). Comme une récompense en cette fin de journée de canicule, dans cette salle fraîche comme une récompense, c’est à l’Abbaye d’Hautvillers que s’est déroulée la première dégustation du Dom Pérignon 2010. Une “vraie” dégustation sans écran interposé* !

Comment évoquer ce millésime presque impossible à élaborer qu’est celui issu de la vendange 2010 ? ” les années difficiles sont celles où il faut se dépasser, c’est là que l’on prend de grandes décisions. Car on ne peut pas oublier que l’on doit penser à l’aspect technique, mais également psychologique” explique Vincent Chaperon, chef de caves de Dom Pérignon. Devoir sortir des schémas classiques face à l’adversité de la nature !

Si on remonte rapidement le temps, l’hiver a été froid, le printemps pas terrible non plus et des pluies torrentielles ont gonflé les raisins en août. Le meunier, cépage très délicat, est particulièrement touché, les pinots noirs et les chardonnays sont hétérogènes. Avec le changement de lune, le temps change favorablement. Mais le botrytis est en train de tout ravager. L’équipe de Dom Pérignon a donc pris le pari de vendanger avant que la maladie se propage sur tout son vignoble en cherchant à devancer le botrytis. Sur les 800 hectares de potentiel pour le domaine, le tri est évidemment de rigueur (20% de perte) pour sélectionner ces “grands blancs” et “grands noirs” qui font de Dom Pérignon ce qu’il est.  Pour Vincent Chaperon, “2010, c’est l’année la plus mûre de la décennie derrière 2002 et 2003 ” . Et d’ajouter : “les chardonnays sont superbes, les plus beaux depuis quarante ans“.

A la dégustation, le choix de millésimer 2010 semble être une évidence (rappelons que sur la décennie, Dom Pérignon n’a pas été millésimé en 2001 et 2007). Et bien sûr, il me serait impossible de ne pas évoquer dans cette aventure “vitivinicole” le rôle de Richard Geoffroy, le prédécesseur de Vincent Chaperon. Il est là comme une ombre bienveillante . Car bien sûr, le vin est exceptionnel ! Épicée, aromatique au nez, la bouche est  enrobée d’arômes exotiques, se terminant par des notes salines, l’année 2010 est une révélation. Après le Dom Pérignon 2003, également remarquable, on en est presque à se dire que les années difficiles réussissent vraiment très bien aux hommes de Dom Pérignon.

Juste pour donner envie, lors de cette dégustation, le sympathique Vincent Chaperon a également proposé un voyage dans l’univers de Dom Pérignon sur toute la décennie des années 2 000 avec le millésime 2002, Plénitude 2002, les millésimes 2003, 2004, 2005, 2006, 2008 et 2009 et une “petite” surprise  avec ce millésime 1988 en magnum (vraiment très sympathique, Vincent Chaperon !)  Et force est de constater qu’il y a des voyages dont on a du mal à revenir !

 

 

*Les distances sont respectées, le gel hydroalcoolique à disposition et les habituelles accolades restent limitées à des saluts de la tête.

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1 COMMENT

  1. “Des saluts de la tête”… bien sûr. Je suis quand même bien content de t’avoir embrassé comme du bon pain, ma Sophie. Parfaite dégustation, c’est vrai 😘

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