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« À fin janvier, 90 % de nos volumes sont sous allocations » François-Xavier Morizot, vice-président des Champagnes G. H. Mumm-Perrier-Jouët

François-Xavier Morizot, vice-président des Champagne G.H. Mumm-Perrier-Jouët

Avec les résultats semestriels publiés fin février, le groupe Pernod Ricard affiche une belle santé (lire ici), pourtant les deux marques de champagne, G.H. Mumm et Perrier Jouët  montrent des résultats en volume en baisse. On pourrait considérer cela comme un phénomène étonnant en cette période particulièrement faste pour la Champagne. L’explication en est simple et donnée par François-Xavier Morizot, vice-président des Champagnes G. H. Mumm et Perrier-Jouët. : « Les résultats annuels de Pernod-Ricard sont au 30 juin 2023, alors que la plupart de nos confrères en Champagne soit finissent au 31 décembre voire au 30 mars . Le premier semestre n’est pas la fin de tout de l’année fiscale pour nous, mais c’est la mi-temps, un un point de passage évidemment sur le marché parisien, notre année complète à nous, c’est le 30 juin 2023 ». Toutefois si l’effet « volume » n’est pas au rendez-vous pour l’instant, l’effet prix-mix lui est bien présent (+10 %) : « On est vraiment dans une dynamique, c’est que c’est la deuxième année consécutive où on passe des hausses de prix significatives  » explique François-Xavier Morizot. Qui ajoute :  » « Nous sommes passés à 100 % d’allocations sur l’ensemble de nos marchés dans les deux maisons. Nous n’avons fini notre année. Avec nos filiales, nous, on pilote à l’intérieur du groupe. Quand on se met d’accord sur des allocations en fonction des marchés, cela se passe à l’intérieur du groupe. Est-ce qu’on a plutôt intérêt à aller en Asie ? Est-ce qu’on a plutôt intérêt à relancer le travel retail ? Est-ce qu’on a plutôt intérêt à aller aux US ? Ça se pilote à l’intérieur de la grande maison Pernod-Ricard ». 

Annonce de hausses de prix 

Avec pour la deuxième année consécutive, l’annonce de hausse de prix, François-Xavier met en avant la stratégie mise en place depuis quelque temps dans les deux maisons : « l’année dernière nous avions passé quasiment deux tiers sur Perrier-Jouët  un tiers Mumm sur nous au 30 juin 2022 de hausse de prix et d’effets prix-mix. C’est de nouveau ce qu’on annonce. On passe des hausses de prix qui sont toutes supérieures à l’inflation sur la plupart des filiales à double chiffre, c’est-à-dire qu’on est au delà de 10 % sur les principaux marchés sur les deux maisons. Ce qui apporte également un aspect complémentaire, c’est que nos deux maisons ne sont pas sur les mêmes marchés, avec comme très gros marchés comme l’Australie, la France, les US pour Mumm et l’Asie avec notamment le Japon avec Perrier-Jouët. Ce qui est important pour nous c’est toute notre stratégie de premiumsiation, notre portefeuille est en train de se convertir vers l’ultra-premium et vers le prestige et au même moment on passe des hausses de prix ».

Si l’on évoque les chiffres de l’année 2023, là aussi le patron de Mumm et Perrier-Jouët a toutes les raisons d’être satisfait :  « À fin janvier, 90 % de nos volumes sont sous allocations, déjà été confirmés par des commandes par nos filiales pour être expédiées avant le 30 juin.  Nous sommes très contents. Le groupe vient d’annoncer plus de 7 milliards de chiffre d’affaires au premier semestre. Je crois qu’à mon sens, c’est le record. Nous avons une stratégie qui fonctionne avec effectivement une grille de lecture qui est un peu différente par exemple de celle du Comité Champagne qui, via la profession, annonce toujours les chiffres sur l’année civile, ce n’est pas notre cas. On est sur une autre configuration et l’on va gérer notre effort jusqu’au 30 juin ».

Toutefois comme on le sait en Champagne, il faut de la matière première, si possible la meilleure d’autant que G.H. Mumm et Perrier-Jouët se sont placés dans une trajectoire « luxe ». Et à la veille de renouvellement des contrats interprofessionnels, il est bon de faire passer des messages aux partenaires : « le 12 mai prochain, on réunit l’ensemble de nos partenaires ou de nos livreurs pour faire partager notre stratégie de communication et notre stratégie de montée en gamme vers l’ultra-premium et de prestige. L’idée ce n’est pas dans cinq ans de doubler la volumétrie, mais de démontrer que l’on possède une vraie stratégie qui fonctionne ».