Accueil MAISONS À Reims, Louis Roederer célèbre ses 250 ans lors d’une soirée hors...

À Reims, Louis Roederer célèbre ses 250 ans lors d’une soirée hors du temps

Jean-Baptiste Lecaillon et Frédéric Rouzaud

Il y a des anniversaires qui regardent le passé. Et puis il y a ceux qui parlent d’avenir.

À Reims, Louis Roederer a choisi la seconde voie. Pour célébrer ses 250 ans, la maison n’a pas déroulé une simple rétrospective. Elle a préféré raconter ce qui la met encore en mouvement : les liens humains, la création, la transmission et cette relation presque intime qu’elle entretient avec le temps. Dans une Champagne où les grandes maisons sont souvent associées à leur histoire, Louis Roederer rappelle qu’elle reste avant tout une aventure familiale et indépendante, portée depuis sept générations par la même volonté de créer des vins capables de traverser les époques.

Créer, c’est aimer

La formule était partout au cours de la soirée : « Créer, c’est aimer ».Une déclaration qui pourrait sembler simple. Pourtant, elle résume à elle seule la philosophie de la Maison. « La plus belle manière d’être fidèles à notre histoire est de continuer à créer, ensemble », a rappelé Frédéric Rouzaud, président-directeur général de Louis Roederer.

Car derrière cet anniversaire se cachent en réalité trois célébrations. Les 250 ans de la Maison, bien sûr. Mais aussi les 150 ans de Cristal, créée en 1876 pour le tsar Alexandre II, et les 15 ans de la Fondation Louis Roederer, dédiée à l’art et à la culture.

Un journal vivant pour raconter la Maison

Les festivités ont débuté au Centre des Congrès de Reims avec une édition spécialement conçue de Live Magazine. Sur scène, des récits, des images, de la musique et des performances se sont succédé pour raconter autrement ce qui fait l’âme de Louis Roederer. La patience du vigneron. L’excellence du geste. La beauté du vivant. La force de la transmission. Des thèmes qui résonnent particulièrement dans une maison qui revendique le temps long comme un art de vivre autant qu’une méthode de travail.

Quand l’art investit le 21 boulevard Lundy

Puis les invités ont rejoint le siège historique de la Maison, au 21 boulevard Lundy.Dans la cour intérieure de cet hôtel particulier rémois, plus de 600 convives venus du monde entier ont découvert deux créations imaginées spécialement pour l’événement. L’artiste Bianca Bondi a transformé les lieux en paysage sensible et immersif. Une œuvre où la matière semble évoluer sous les yeux du visiteur, entre cristallisation, métamorphose et lente maturation. Une métaphore presque évidente du vin et du temps.

À quelques pas, une autre émotion attendait les invités. L’artiste Lee Shulman a composé une vaste mosaïque lumineuse à partir de photographies personnelles confiées par les collaborateurs, vignerons, artisans, partenaires et amis de la Maison. Des fragments de vie réunis pour former un portrait collectif de Louis Roederer. Sans doute l’une des plus belles illustrations de cette idée que les grandes maisons sont d’abord faites de femmes et d’hommes.

Cristal regarde vers l’avenir

Impossible de célébrer Louis Roederer sans évoquer Cristal. Présenté en avant-première, Cristal Late Release 2008 illustre ce que Jean-Baptiste Lécaillon appelle le « laboratoire du temps » de Louis Roederer. Après de longues années de vieillissement en cave, le chef de caves estime que le vin atteint « un point de maturité et d’équilibre où il déploie toute sa profondeur ». Pour accompagner cette dégustation, le chef rémois doublement étoilé Philippe Mille a imaginé un parcours culinaire inspiré du Chardonnay, du Pinot noir et de l’expression des terroirs. Un

La culture comme trait d’union

Enfin, cet anniversaire a aussi rappelé le rôle joué depuis quinze ans par la Fondation Louis Roederer.

Quelques semaines plus tôt, le chorégraphe Dimitri Chamblas faisait danser les Rémois sur le parvis de la cathédrale Notre-Dame avec Slow Show, une création participative imaginée avec les habitants. Une manière de rappeler que la culture, comme le vin, n’a de sens que lorsqu’elle se partage. À l’heure où la Champagne s’interroge sur son avenir, Louis Roederer a choisi de célébrer son histoire sans nostalgie. Avec élégance.