Benoît Féry, portrait d’un vigneron champenois (presque) silencieux !

Benoït Fery, vigneron de Vrigny.

Pourquoi je parle de Benoît Féry ? Tout simplement parce que j’ai posté dernièrement un article sur les 150 ans de la cuvée Moët Impérial. Et la Champagne s’étant élevée grâce aux maisons et aux vignerons, je tiens à préserver l’équilibre champenois. Et je tiens également à évoquer ces vignerons de l’ombre, ces anonymes du champagne qui plantent, cultivent, vendangent, élaborent, mettent en bouteilles et commercialisent. Et ils sont des centaines. Benoît Féry est de ceux-là.

Après Avize, Montpellier et un DNO à Reims, ce fils, petit-fils…de vignerons de Vrigny, Benoît a repris l’exploitation familiale en 2001. En tout , sept hectares dont une majorité plantée à Vrigny. Refusant de livrer une partie de sa récolte pour s’assurer un minimum de revenu,  Benoît  Féry veut garder tout pour lui. Ce n’est pas une revendication de « pur et dur, » mais c’est surtout une façon de faire ce qui lui plaît quand il le sent. Et de préserver et garder son idée du champagne. Passionné et entier, il lance  » Je dis oui à la nature et oui à la technique, je veux profiter des deux« . Alors sur la toile cirée de la salle à manger familiale, on déguste. Déjà un brut Tradition 100% meuniers, base vendange 2015, élaboré avec 25% de vins de réserve. C’est du meunier, donc c’est « goûteux ». Ensuite, un brut Grande Réserve composé de 50% de pinots noirs de Treslon, de 30% de chardonnays et 20% de meuniers de Vrigny,  » issus de la vendange 2016. Chez lui, pas de millésime, car Benoît préfère dire « une année pure« . Puis un blanc de blancs de Vrigny mettant en avant le chardonnay des terres sableuses. Et pour terminer son dernier « bébé » extra-brut sans malo, un vin 100% meuniers de la Vallée de l’Ardre de 2016.  » Je veux proposer deux gammes,, une classique, l’autre éphémère  » . Côté commercialisation qu’il assure lui-même, « c’est le bouche à oreille et quelques marchés ».  Son père avait commencé sur un parking aménagé sur un bas-côté de la RN 44 près de Laon. Depuis, près de 65 000 flacons sont ainsi vendus chaque année auprès d’une clientèle française, « particulièrement en Bretagne« .

Avec des essais, des envies et la connaissance, on sent chez Benoît Féry, une certaine conception de la vinification. La sienne ! Il est de ceux qui ne font pas le « buzz » sur le net, pas d’export en Chine, pas de cuvées sous la mer ou en musique,  ceux qui n’apparaissent pas dans les colonnes des journaux à Noël, ceux qui sont ignorés des influenceurs du vin. Attention, je ne tiens pas à stigmatiser le travail fait par ces derniers qui font tant parler de la Champagne, et dont je parle évidemment,  ce serait hypocrite de ma part,. Mais je veux  juste montrer une autre version, celle d’une champagne plus silencieuse.  Toutefois pas tant que cela, Benoît Féry est un grand amateur des réseaux sociaux où il se qualifie de « mécène de la blague », d’ailleurs je vous mets son lien ici sur twitter.

 

Print Friendly, PDF & Email

Abonnez-vous à ce blog par e-mail.

Saisissez votre adresse e-mail pour vous abonner à ce blog et recevoir une notification de chaque nouvel article par e-mail.

Laisser un commentaire