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Christophe Juarez, élu nouveau commandeur (Nicolas Feuillatte), départ de la directrice, Monique Mc Coll et autres … Ça bouge à l’Ordre des Coteaux de Champagne

L’Ordre des Coteaux de Champagne @Michel Jolyot

Le changement dans la continuité. L’Ordre des Coteaux de Champagne (OCC), l’une des associations les plus emblématiques de la Champagne est en train de se transformer. Doucement et sûrement à un rythme… très champenois. Une évidence quand on sait que L’OCC est une très ancienne institution. Actuellement l’Ordre des Coteaux de Champagne est incarné par 26 personnes issues du microcosme champenois (il peut en accueillir 36). On les appelle les dignitaires. Ils sont représentés par un Commandeur.

Historiquement, si on retrouve les traces de l’Ordre, au début de la seconde moitié du XVIIe siècle, c’est surtout en 1993 (début de la crise économique en Champagne) sous la présidence d’Yves Bénard, alors président du directoire de Moët & Chandon que l’Ordre des coteaux de Champagne commence à jouer un rôle conséquent au sein du nouveau programme de communication du Comité interprofessionnel des vins de Champagne (désormais Comité Champagne). Loin d’être anodin, son rôle consiste à mettre en valeur les vins de Champagne, leurs spécificités, leur diversité, leurs modes de consommation et tout ce qui concourt à leur notoriété et à leur image. Pour cela, l’Ordre des Coteaux de Champagne organise de splendides chapitres, des dégustations et des activités à l’intention d’un réseau d’inconditionnels dans le monde (professionnels de la restauration et de la sommellerie, grands amateurs, personnalités du spectacle, de la politique et du monde des médias).

Mouvements et évolution

Revenons aux changements. Évoquons déjà le premier  :  la cheville ouvrière de l’Ordre des Coteaux de Champagne a décidé de faire valoir ses droits à la retraite. Monique Mc Coll est une personnalité champenoise à haute valeur ajoutée. Depuis 1986, elle gère de main de maître l’association. Au début de l’année 2021, elle sera remplacée par Edwige Régnier, coordinatrice du Programme des Hautes Études du Goût à Reims présidé par Remi Krug.  Un second changement aura lieu au mois de juin prochain avec la nomination d’un nouveau Commandeur. Il s’agit de Christophe Juarez, directeur de Nicolas Feuillatte qui succédera à Bruno Paillard. L’élection d’un représentant du Vignoble marque ainsi une évolution après trois représentants du négoce successifs (Fabrice Rosset, Antoine Roland-Billecart et Bruno Paillard).

À cela, et de façon officieuse, s’ajoute la rumeur d’un déménagement de Reims où se trouve actuellement son siège (rue de Talleyrand) au vaisseau amiral de la Champagne, le Comité Champagne à Épernay. Pour l’instant, cette rumeur n’est pas confirmée par le Commandeur, Bruno Paillard.

Edwige Régnier et Monique Mc Call aux côtés de Bruno Paillard.©Michel Jolyot

 

Des idées pour se développer

Au fil du temps, les Commandeurs de Ordre des Coteaux de Champagne (qui se doivent d’être en activité) ont suivi de près l’évolution de la Champagne, de ses marchés et des consommateurs. Chacun a mis sa touche au fil de leur présidence. Ainsi on peut citer sans être bien sûr exhaustif,  Bernard de Nonancourt, président de Laurent-Perrier, qui a impulsé les chapitres en Europe, puis François-Xavier Mora, ancien patron de Lanson, les a installés en Asie, Yves Dumont, directeur de Laurent-Perrier a ouvert l’OCC aux dignitaires femmes… en 2003. À noter que Marc Brugnon, Pierre Cheval et Michel Drappier sont des Commandeurs issus du Vignoble, et pour le dernier, du vignoble de l’Aube.

Pour Bruno Paillard, actuel Commandeur, la situation n’est pas simple, car nommé en 2018, il doit œuvrer pour une mise en ordre économique de l’OCC dans un contexte qui est particulièrement difficile. Subventionné par le Comité Champagne (à hauteur d’un peu plus de 100 000 euros), l’OCC doit créer de nouveaux concepts pour continuer son développement. « On peut penser à d’autres idées, à un élargissement des actions,  à l’instar de ventes aux enchères, de chapitres premium autour de millésimes rares, introuvables sur le marché » indique Bruno Paillard. À l’inverse de ces chapitres très luxueux, un grade d’écuyer pourrait être introduit au sein de l’Ordre des Coteaux de Champagne, et ainsi en faire bénéficier à certains professionnels de la filière vins à un coût moindre tout en faisant rayonner l’Ordre. (NDLR :  il existe 3 différents grades au sein de l’Ordre des Coteaux de Champagne : Chevalier, Officier et Chambellan). Évidemment l’habit blanc, les médailles aux rubans de couleurs et la cape ainsi que la cérémonie du pomponne* peuvent prêter à sourire certains qui comparent l’Ordre des Coteaux de Champagne à une confrérie viticole. Sauf que les représentants de l’Ordre ne sont pas là pour défiler. Non, là on évoque la promotion de millions de bouteilles dans le monde.

François Van Aal, président de Lanson élevé au rang de dignitaire. ©Michel Jolyot

Depuis mardi soir, le président de Lanson, François Van Aal a été élevé au rang de dignitaire. Au cours des prochains mois, Vincent Perrin, directeur du Comité Champagne, sera nommé intuitu personae et laissera sa place à son remplaçant, Charles Goemare. Florent Roques-Boizel (champagne Boizel) les rejoindra en 2021.  Plus de 4 000 personnes ont été décorées de l’Ordre des Coteaux de Champagne dans le monde.


*Le pomponne, c’est quoi ? 

L’étymologie du mot pomponne est incertaine. Le verre qui porte ce nom étant encore inconnu au XVIIIe siècle, il n’y a aucune raison de le faire remonter, comme on l’a parfois prétendu, à la marquise de Pompadour ou au marquis de Pomponne, ou même à une chanson bachique de l’époque intitulée « Le Curé de Pomponne ». Il semble plausible, en revanche, de le rapprocher du jeu de la pomponnette. Sans nommer le pomponne, Maurice Hollande en fait en 1952 la description en précisant qu’il servait à boire à la pomponnette, réjouissance pour laquelle, comme les participants buvaient si vite qu’ils n’avaient pas le temps de reposer leur verre, aux dires de certains, on se servait des vieilles flûtes dont la jambe avait été cassée accidentellement.
Pomponne pourrait aussi provenir de pompette, ou, mieux, de pompon ; avoir son pompon signifie que l’on est ivre, ce qui peut bien arriver avec un verre sans pied que l’on est obligé de vider faute de pouvoir le reposer sur la table. En outre, cette sorte de verre se termine souvent en pompon. Quoi qu’il en soit, ce fut seulement, semble-t-il, après la Première Guerre mondiale que le pomponne a commencé à être utilisé en Champagne. D’après Emile Moreau, il servait à la clôture des repas de fête. Selon d’autres témoins, des contremaîtres et cavistes lui faisaient jouer le rôle de tastevin et le gardaient sous la main soit en passant l’anneau dans le cordon de leur tablier, soit en le glissant dans la bonde d’un tonneau. Il est aussi devenu l’emblème de l’ordre des Coteaux de Champagne, qui l’accompagne d’une soucoupe gravée à ses armes. (source UMC)