Accueil Non classé Coiffes, cartons, étiquettes… Comment vit-on la pénurie des matières sèches en Champagne ?

Coiffes, cartons, étiquettes… Comment vit-on la pénurie des matières sèches en Champagne ?

 

Depuis le printemps dernier, que cela soit chez les vignerons, dans les coopératives ou dans les maisons, les expéditions de champagne performent, particulièrement à l’export (lire ici), et avec cette reprise incroyable chacun se félicite… et se plaint. En cause :  la pénurie des matières premières, bois, papier, aluminium, qui entraine des ruptures d’approvisionnement sur les matières sèches à l’instar des cartons, des coiffes, des étiquettes, des contre-étiquettes… Ce manque criant de matières sèches se fait de plus en plus ressentir surtout avec la période des fêtes de fin d’année qui représente la période la plus importante des achats de Champagne.

Ainsi dans un message, le Syndicat général des vignerons de la  Champagne tient à avertir ses adhérents que « dans ce contexte particulier de pénurie mondiale de matières premières et de perturbation des flux logistiques liée à la reprise de l’économie mondiale, le service CRD* du SGV tient à rassurer ses clients quant à l’approvisionnement des coiffes. Le SGV a anticipé la situation actuelle dès la fin du printemps. Aujourd’hui, le service CRD est en capacité de répondre à la demande de tous les clients, mais avec des délais un peu plus longs selon les demandes et les modèles de coiffes ». Pour Jean-Noël Pfaff, directeur général du Champagne Pannier (Covama-Alliance Champagne), « Il n’existe pas de capacité de production instantanée. Par exemple, pour le papier Chromolux fabriqué au Canada avec lequel sont fabriquées  près de 50 % des étiquettes, il n’y a plus d’approvisionnement. Pour certaines matières, par exemple, pour les cartons ou les étuis, c’est catastrophique  il faudra patienter jusqu’au mois d’avril. Nous sommes confrontés à de vraies problématiques de rupture ». Chez Besserat de Bellefon, la présidente, Nathalie Doucet, s’était déjà inquiétée de ce phénomène l’été dernier : « au mois de juillet, on a revu nos prévisions d’expéditions à la hausse  et ainsi évité les ruptures au niveau des caisses, des habillages ou des coiffes. De plus, j’essaie de plus en plus de faire réaliser mes coffrets en France ou en Europe, des circuits plus courts. Toutefois, pour avoir du stock pour ces matières, on passe nos commandes actuellement pour l’année prochaine alors qu’habituellement, elles se font en janvier ». Malgré cette anticipation, Nathalie Doucet reste très prudente : « Même en ayant pris de l’avance, je ne suis pas sereine pour les délais ».

Conteneurs et livraisons

Côté logistique, là aussi le bât blesse, particulièrement en termes de coût : «  Un conteneur dans lequel on peut mettre entre 16 000/18 000 bouteilles à l’intérieur coûte désormais 18 000 dollars au lieu de 2 000 dollars, et encore faut-il pouvoir en obtenir un… ». Une hausse des prix observée également sur les cartons (suremballage, étuis…) : « cette année, on a constaté une augmentation de 10 %, et cela reprendra encore 10 à 15 % pour l’année prochaine. Pour les coiffes et les étiquettes, c’est identique » déplore Jean-Noël Pfaff.

Fabrice Rosset le président de la Maison Deutz, se veut rassurant : «  chez nouson avait prévu cette situation, il y a peu de dégâts sur le packaging. Mais c’est du côté de la livraison que certaines difficultés peuvent se poser, sans oublier l’impact sur les tarifs à prévoir à que cela soit sur le transport et sur l’entreposage pour les distributeurs ou les importateurs ».

On peut alors s’interroger sur la réaction du consommateur face à la répercussion de ces flambées des prix.  Fabrice Rosset répond  : « On a l’impression que le phénomène d’élasticité-prix a disparu. Ils veulent tous du champagne ! « 

 

*Capsule Représentative des Droits obligatoire en France