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Entre héritage et modernité, Pol Roger inaugure son tout nouveau site de production en plein coeur d’Epernay

©TheWallPhoto

La Maison Pol Roger, inaugure un nouveau chapitre de son histoire avec l’achèvement de son nouveau site de production à Epernay. Conjuguant tradition et innovation, ce nouveau site n’est pas seulement un hommage au patrimoine familial et à l’histoire locale, mais aussi niché au cœur de la ville d’Epernay c’est aussi une prouesse d’ingénierie et de conception écoresponsable représentant un investissement d’un peu plus de cinquante millions d’euros.

Si l’on remonte le temps, en 1849, le jeune fondateur de la Maison Pol Roger faisait ses premiers pas au sein de la filière champagne à seulement 18 ans, plantant ses racines en tant que négociant à Aÿ avant de s’installer à Epernay. Cette ville allait devenir le théâtre d’un développement spectaculaire pour la marque. En 1872, anticipant l’expansion future, Pol Roger acquiert un terrain pour ériger une vaste demeure et d’immenses caves sur la rue Croix de Bussy, une vision qui se concrétisera en 1880.

La fin du siècle voit la disparition du fondateur, mais ses fils, Maurice et Georges, rebaptisés Pol-Roger en mémoire de leur père, reprennent le flambeau avec détermination. Cependant, le tournant du siècle apporte son lot de tragédie : en février 1900, un effondrement des celliers engloutit la récolte de 1899 ainsi que 1,5 million de bouteilles. La solidarité des maisons de champagne voisines, Moët et Chandon et Mercier, permet à l’entreprise de se maintenir à flot.

Un nouvel élan est donné en 1903 avec l’inauguration de celliers sur l’avenue de Champagne, suivie de plusieurs années de travaux. En 1933, les nouveaux celliers sont ouverts, et en 1968, sous l’égide de Jean Pol-Roger et Christian de Billy, une modernisation est entreprise pour répondre aux besoins contemporains.

Le temps passe et le 21e siècle voit la Maison Pol Roger évoluée Le président de l’époque, Patrice Noyelle, lance une rénovation prioritaire de la cuverie, avant de s’attaquer à d’autres bâtiments de production. En 2016, les plans ambitieux de la maison prennent forme en 3D, avec l’architecte Giovanni PACE et les équipes de CICAL et de KS groupe en tête de proue du projet. Cette évolution répondait à un besoin de renouveau après des décennies d’activité.

 

Quatre ans de travaux, débutés en 2020, ont impliqué des études de sol minutieuses et la découverte inattendue de flacons préservés de la catastrophe (lire ici). Comme Dominique Petit, chef de caves à l’origine des premières réflexions en 2015 le souhaitait, Damien Cambres qui a rejoint la maison début 2017 pour lui succéder un an plus tard, sera étroitement associé à l’ensemble du projet. Après deux années d’études de sol très spécifiques, et des recherches ayant par ailleurs permis d’exhumer plusieurs dizaines de flacons engloutis lors de l’effondrement de février 1900, les travaux commencent début 2020 par 45 000 m3 de terrassement (lire ici). 298 pieux plus tard, dont les plus longs descendent à 35 mètres sous terre pour « porter » le bâtiment sur ce terrain pour le moins capricieux et fragile, 18 000 m² de plancher sont déployés sur 4 niveaux, « et pour rester dans les chiffres vertigineux, 3 800 m² de briques sont posées une à une ! » souligne Laurent D’Harcourt, président de Pol Roger. qui ajoute « rien n’est laissé au hasard, d’autant plus lorsqu’il faut respecter les exigences inhérentes au classement mondial de l’UNESCO sous le contrôle des Bâtiments de France. Entre les premiers coups de pioche et le défilement des premières bouteilles sur les lignes d’habillage, presque 4 années se sont écoulées ».

Au-delà des prouesses architecturales, Pol Roger s’est engagé dans une démarche écoresponsable exemplaire : une isolation de pointe, un raccordement au réseau d’eau chaude d’Épernay, et un système de récupération d’eau de pluie pour l’irrigation. L’accent mis sur le bien-être des employés est également manifeste, avec l’automatisation des tâches lourdes et l’intégration de lumière naturelle au sein des espaces de travail.

L’innovation s’allie à la tradition alors que le nouveau site double la capacité de stockage des vins, améliorant ainsi la flexibilité de production et la qualité grâce à un temps de vieillissement prolongé. Toutefois, la maison reste consciente de ses limitations en approvisionnement en raisin et l’appellation restreinte. Pour Laurent d’Harcourt, « ce nouveau site représente l’amalgame parfait de pragmatisme, de charge symbolique et vision à long terme. La maison est armée pour le futur ! »