
Avec La Côte Glacière et Meurtet 2019, la Maison Deutz met à l’honneur deux parcelles de son vignoble historique. Même cépage, même village, mais chacune son histoire.
Quelques centaines de mètres séparent La Côte Glacière de Meurtet. Deux parcelles voisines, donc, mais qui ne vivent pas tout à fait au même rythme. L’une prend le soleil plein sud, l’autre profite des premières lumières du matin. Sous les vignes aussi, les différences comptent. Avec ses cuvées « Hommage à William Deutz » 2019, la maison s’intéresse à ces détails qui font toute la personnalité d’un lieu.
L’histoire commence en 1838, lorsque William Deutz s’installe à Aÿ avec son associé Pierre-Hubert Geldermann. Originaire d’Aix-la-Chapelle, le négociant connaît la réputation du vignoble et croit en son potentiel. Son ambition repose sur une conviction simple : les grands vins commencent par de beaux raisins.
Les cuvées qui portent son nom prolongent cet attachement. Le premier Hommage, issu du millésime 2010, réunissait les pinots noirs de La Côte Glacière et de Meurtet. À partir de 2012, les deux parcelles ont eu chacune leur cuvée. Une occasion de découvrir ce qui les distingue, au-delà de leur adresse commune.
Le millésime 2019 a été élaboré sous la direction de Michel Davesne, alors chef de caves de Deutz. Arrivée en 2022, Caroline Latrive a depuis pris le relais et présente aujourd’hui ces deux cuvées. À ses côtés, Cédric Georget, directeur du vignoble, apporte sa connaissance des coteaux et de leurs sols. Pour mieux les comprendre, il les étudie jusque dans leurs profondeurs, grâce à des fosses permettant d’observer les différentes couches de terre.
La Côte Glacière offre un décor spectaculaire : une exposition plein sud, des pentes pouvant atteindre 25 % et certaines des plus anciennes vignes de la maison. Sur cette parcelle de 1,9 hectare, les plants d’origine datent de 1967 et 1978. La craie affleure sous des sols peu profonds, une configuration qui limite naturellement les rendements, selon Deutz.
Meurtet regarde vers l’est. Ses 2,4 hectares reçoivent le soleil du matin et reposent sur des sols plus profonds, où se mêlent notamment silex et craie. Les vignes y ont été plantées en plusieurs étapes, entre 1990 et 2006.
En 2019, la météo a demandé une attention particulière. Après un hiver doux et sec et quelques épisodes de gel au printemps, l’été a été chaud. Il a fallu suivre de près la maturation et choisir le bon moment pour récolter. Les vendanges se sont déroulées entre le 10 et le 15 septembre sur La Côte Glacière, puis les 18 et 19 septembre à Meurtet. Quelques centaines de mètres de distance, plusieurs jours d’écart : chaque parcelle impose son calendrier.
Produites en quantités limitées et numérotées, ces deux cuvées racontent ainsi une histoire très concrète, faite de vieilles vignes, de reliefs et de patience. Un hommage au fondateur qui commence là où lui-même avait choisi de s’installer : sur les coteaux d’Aÿ.




