Accueil Abonnés Il y aura-t-il du Moët pour Noël ?

Il y aura-t-il du Moët pour Noël ?

…La question se pose, en tous les cas pour Philippe Schaus, président de Moët Hennessy. Lors d’une conférence de presse à Singapour, ce dernier a averti que les stocks de champagne risquent de s’épuiser avant Noël, alors que les Américains profitent de la force du dollar pour s’arracher des bouteilles (lire ci-dessous). Serait-il donc venu le spectre terrifiant de la pénurie de champagne pendant la saisons des fêtes. Bien sûr, il faut relativiser, M. Schaus évoque sûrement « ses » stocks de champagnes car, pas de panique mes amis, il reste des bulles pour les fêtes !

D’après The Télégraph, Philippe Schaus, président de Moët Hennessy – dont les marques incluent Veuve Clicquot, Dom Pérignon, Krug, Mercier et Moët & Chandon – a ainsi  déclaré que son entreprise était « en rupture de stock« .  Ajoutant d’ailleurs que la demande de champagne n’a pas été freinée par la compression mondiale des budgets des ménages. Et force est de constater que les produits de luxe vendus par le groupe LVMH continuent à se vendre comme des petits pains malgré la flambée de l’inflation et la stagnation de la croissance économique (lire ici).

De fait  le cabinet Bain & Company, en collaboration avec la fondation Altagamma qui regroupe les industriels du luxe en Italie, vient de publier la 21e étude mondiale sur les produits de luxe. Une étude qui confirme l’excellente santé du secteur en 2022. Et cela ne devrait pas trop changer dans les prochaines années : d’ici à 2030, le luxe devrait compter 100 millions de clients supplémentaires, soit une croissance de 20%.  Les consultants de Bain & Company estiment que le marché des produits de luxe augmentera jusqu’à 8% en 2023, malgré un ralentissement mondial attendu. La croissance est tirée par les jeunes générations, la génération Y, née au début des années 1980, et la génération Z, âgée de 8 à 23 ans, représentant toute la croissance du marché du luxe en 2022, quant à la génération Alpha  [nées entre 2010 et 2024], elle devrait se comporter de la même manière.

 

Le marché américain et les vins effervescents 

L’année 2022 marquera le 14e gain annuel consécutif pour l’effervescent sur le marché américain, après que les sparkling wine ont subi un recul temporaire lors de la crise financière mondiale de 2008. Après avoir enregistré en moyenne de solides gains annualisés de 5,5 % entre 2010 et 2015, leur croissance du vin a ralenti à 2,5 % en moyenne augmente entre 2015 et 2020. Mais le rythme devrait légèrement s’accélérer pour atteindre 3,2 % entre 2020 et 2025, selon Shanken’s Impact Databank 

Les importations et les marques nationales haut de gamme ont alimenté la croissance de la catégorie pendant plus d’une décennie, grâce aux solides avancées du prosecco et du champagne, ainsi qu’aux gains récents du cava. L’année dernière, les  les vins effervescents ont augmenté de 12 % pour plus que tripler leurs volumes de 20 ans auparavant.  Parmi tous les vins dont le prix dépasse 25 $, la bouteille de 75cl, les champagnes Veuve Clicquot et Moët & Chandon sont en tête de toutes les marques en termes de vente au détail, selon Impact Databank. Sur le marché intérieur, les deux marques de méthode champenoise les plus vendues, Korbel et Chandon, restent résilientes et continuent d’augmenter leur part de marché. Les effervescents devraient continuer à gagner la faveur des consommateurs pendant les vacances à venir et  le segment évolue d’une consommation axée sur les occasions vers une utilisation beaucoup plus large.