Accueil MAISONS « Je suis à l’essentiel ! » Dominique Demarville (Champagne Lallier)

« Je suis à l’essentiel ! » Dominique Demarville (Champagne Lallier)

©La Champagne de Sophie Claeys

Voilà un homme heureux ! Souriant, détendu, voire optimiste : « on va faire ce qu’il y a faire et travailler le potentiel, et je suis sûr que nous pourrons obtenir un millésime honorable. On va vivre cette vendange et l’on va aller jusqu’au bout ! Dans notre métier, il faut se projeter, on ne peut pas s’arrêter à une seule année. ». En parcourant les vignes d’Aÿ au sein de son nouveau royaume du Champagne Lallier, Dominique Demarville est confiant dans l’avenir. « Je continue ma vie de Champenois et je suis à l’essentiel, à la terre et à ce que je fais. Les gens ont cru en moi et m’ont soutenu ». Epanoui, l’enfant chéri de la Champagne semble renaître dans l’environnement de la Maison Lallier. D’autant que le groupe Campari qui a racheté la société de Francis Tribaut (lire ici) a des ambitions de premiumisation. Et quoi de mieux que de prendre l’un des meilleurs de la Champagne pour les réaliser.

Avec 150 hectares d’appros et 10 hectares en propre avec un joli lot de crus sur Aÿ, Bergères-les-Vertus, Grauves, Oger, Verzy et Verzenay,  les vins de la maison sont travaillés en vinification parcellaire (avec un tout petit pourcentage sous bois). De quoi satisfaire Dominique Demarville en tant que chef de caves, une vinification qu’il partage avec Cyrille Diniz qui s’occupe de la production et de l’œnologie.

Bel ouvrage !  

Doté d’une gamme assez large (neuf cuvées), le Champagne Lallier travaille sa signature. Un style qui se veut précis, mais sans droiture excessive, restant frais gourmand et ample. Franchement, c’est du bel ouvrage !

Alors que Dominique Demarville a œuvré sur les vins de l’année 2020, les cuvées que j’ai dégustées ont été élaborées par Françis Tribaut et Cyrille Diniz. De quoi se rappeler encore une fois que les chefs de caves sont et restent dans la succession et la transmission en Champagne. Toutes m’ont séduite, mais comme je ne suis ni le Parker, ni mon ami Jacques Dupont, je ne serai pas exhaustive, je ne vais en évoquer que quelques-unes.  Commençons par un Blanc de Blancs Grand Cru dont la base est la jolie et prometteuse année 2018 travaillée avec des notes de chardonnays d’Aÿ qui « pinotent », puis la fameuse parcelle Les Loridons (Aÿ) en base 2015, très long, très précis, intense. Ensuite, un Blanc de Noirs (base 2013) qui « envoie du lourd » complexe, intense,  issu de la richesse de Verzenay et de la délicatesse d’Aÿ. Un autre parcellaire baptisé Les Ouvrages met en valeur deux parcelles  Les Meurtets à Aÿ et les Hureaux à Oger, tiré en liège, « c’est le summum de ce que l’on peut faire avec deux parcelles » observe Dominique Demarville.

Bien sûr, ce paysage serait incomplet sans la fameuse « Réflexion » du Champagne Lallier, la philosophie de la maison reflétant la vision d’une vendange.  Le R018 vient d’être mis sur le marché. Composée de 70% de vin de l’année et de 30% de vins de réserve (de 45% de chardonnays et de 55% de pinots noirs), dosé à 8 g, cette introspection sur l’année 2018 est savoureuse, fraîche, intense et profonde, un délice !   Comme le souligne Dominique Demarville à propos de ces vins : « La barre est haute, il va falloir y rester ».


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