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L’Union Champagne face aux mutations de la filière : volumes, qualité, dosage et cap stratégique

L’Union Champagne a tenu son assemblée générale dans un contexte de repli durable des volumes.
Dans le même temps, la filière s’interroge sur l’avenir de son modèle. Au-delà du bilan de l’exercice 2024/2025, la direction a ouvert plusieurs débats. Ils portent sur la qualité, les coûts, les styles de vins et l’adaptation aux évolutions sociétales.

Volumes en baisse et redistribution assumée

Le constat économique est clair.« Notre tirage subit une baisse soutenue, passant de 10,5 millions de bouteilles à 8,4 millions », a indiqué Dominique Babé, président de l’Union Champagne. À court terme, une projection à 7,6 millions de bouteilles se dessine. Par conséquent, les durées de stockage s’allongent et les sorties ralentissent. Dans ce contexte, l’union a choisi un soutien direct à ses adhérents. « Dans ces moments difficiles, le conseil d’administration a décidé de tout ristourner », a précisé le président. Ainsi, après un complément de prix de 6,5 % et l’intéressement des salariés, seules les sommes non distribuables renforcent les réserves légales.

Vendanges et rendements : vigilance et ajustement

Les vendanges 2024 et 2025 présentent des profils très contrastés. « 2024 a été une année très pluvieuse, avec un nombre important de traitements », a rappelé Dominique Babé. En revanche, « 2025 a été une année bien plus facile sur le plan climatique ».Toutefois, les rendements sont restés inférieurs aux attentes, surtout en chardonnay.

Dans ce contexte, la qualité reste prioritaire. « Les problèmes de qualité liés à la vendange 2023 ne doivent pas être oubliés », a insisté le président. Dès lors, Union Champagne renforce la vigilance à la vendange. Par ailleurs, Dominique Babé appelle à adapter plus strictement les rendements au marché. Selon lui, le modèle historiquement équilibré autour de 10 500 kg/ha pourrait évoluer. « Il faudra adapter les volumes produits aux volumes réellement écoulés », a-t-il souligné. En conséquence, il fixe une ligne claire :« Le rendement 2026 doit couvrir les sorties 2025. »

Investir malgré le ralentissement

Malgré un environnement économique tendu, Union Champagne maintient ses investissements.
Ainsi, la construction d’un sixième module de stockage à Oger se poursuit. Sa livraison est prévue au printemps 2026.
À terme, il apportera cinq millions de bouteilles de capacité supplémentaire. « Ce nouveau module apportera souplesse, praticité et sécurité », a souligné Dominique Babé. Il doit aussi répondre plus efficacement aux attentes des partenaires.

Consommation et évolution du modèle

En fin de discours, le président a élargi la réflexion. « Nous ne sommes plus face à des crises ponctuelles », a-t-il expliqué. Il évoque des phénomènes de société plus profonds. Ils concernent la baisse de la consommation d’alcool et l’essor des produits désalcoolisés. Dans ce cadre, Dominique Babé a abordé le style des champagnes. « Je me demande si les dosages très bas n’ont pas provoqué une perte de consommateurs ». Il a ensuite élargi le débat aux règles de production. « La modification du cahier des charges nous appartient », a-t-il affirmé. Cette prise de parole ouvre un débat collectif sur l’adaptation du modèle champenois.

UC 2030 : anticiper pour durer

Ces réflexions se prolongent avec le schéma directeur UC 2030. Ce projet vise à optimiser les sites d’Avize et d’Oger. Il cherche aussi à préserver le foncier. Enfin, il maintient des marges de manœuvre pour les coopératives et leurs vignerons.

RSE : un projet structurant

Enfin, Pierre Desanlis est revenu sur la labellisation Afnor « Engagé RSE ». Union Champagne a obtenu le niveau Confirmé.« La RSE est un véritable projet d’entreprise engagé depuis 2022 », a-t-il rappelé. Baptisée « Trait d’Union », cette démarche fédère toutes les activités.Concrètement, elle se traduit par des investissements durables. Le développement du photovoltaïque en est un exemple.

Dans un contexte de mutation profonde, l’Union Champagne assume une ligne claire. Elle ajuste les volumes et maîtrise les coûts. Surtout, elle maintient une exigence qualitative élevée. Enfin, elle ouvre les débats nécessaires pour préserver la valeur du modèle coopératif champenois.