Accueil Membres Œnotourisme : un essor mondial, regard depuis la Champagne

Œnotourisme : un essor mondial, regard depuis la Champagne

Sculpture de Juan Carlos Carillo au parc Pierre Cheval à Hautvillers ©La Champagne de Sophie Claeys

Le marché mondial de l’œnotourisme se porte bien. Très bien, même.
Selon l’étude Enotourism Global Market Report 2025 publiée par The Business Research Company (TBRC), il devrait passer de 10,49 milliards de dollars en 2024 à plus de 20 milliards en 2029, avec un taux de croissance annuel estimé à 14 %.

Le vin comme expérience à part entière

Longtemps cantonné à la dégustation, le tourisme du vin s’impose désormais comme une expérience complète : patrimoine, culture, gastronomie, nature. L’étude souligne l’effet combiné de la mise en valeur des territoires viticoles, du développement des routes du vin et du boom du marketing digital. Les visiteurs recherchent des expériences plus durables, plus humaines et un contact direct avec les producteurs.

La France, moteur de l’œnotourisme mondial

En France, l’œnotourisme attire chaque année 12 millions de visiteurs, pour 33,6 millions de visites dans les domaines, musées ou événements liés au vin. Près de 24 millions d’entre eux prolongent leur séjour d’au moins une nuit, générant 5,4 milliards d’euros de dépenses, dont 1,8 milliard directement liés aux activités viticoles.

Une étude Ifop réalisée en août 2025 confirme cette appétence : 75 % des Français affirment que la gastronomie locale influence leur choix de destination et 44 % se disent prêts à voyager spécifiquement pour découvrir les régions viticoles.La Champagne figure d’ailleurs parmi les quatre destinations viticoles préférées, aux côtés de la Bourgogne, de Bordeaux et de l’Alsace.

En Champagne, la fréquentation s’envole

Depuis l’inscription, en 2015, des Coteaux, Maisons et Caves de Champagne au patrimoine mondial de l’UNESCO, la fréquentation a bondi de 60 %.
De 2016 à 2023, le vignoble est passé d’environ 1,1 à 1,8 million de visiteurs par an, selon le Comité régional du tourisme Grand Est.Plus de 40 % de ces visiteurs sont étrangers, principalement originaires de Belgique, du Royaume-Uni, des États-Unis et d’Allemagne.
Les grandes maisons comme les vignerons indépendants ont investi dans l’accueil, la scénographie, les hébergements et les circuits de visite : une offre structurée, adaptée à un public international en quête d’authenticité et de rencontres.

Des retombées économiques mesurables

À Reims, la vitalité touristique se traduit par une taxe de séjour de 2,917 millions d’euros en 2024, en hausse de 9 % par rapport à 2023 (+243 000 €), selon le rapport d’activité de Reims Tourisme & Congrès.Cette progression reflète la croissance des nuitées et la bonne santé du tourisme d’affaires comme de loisirs.Le secteur du tourisme et de l’hospitalité représente désormais plus de 8 200 emplois, en hausse de 30 % depuis 2016.

À Épernay, les indicateurs 2024 confirment la même dynamique.L’INSEE recense une offre d’hébergements en légère progression au 1ᵉʳ janvier 2024, tandis que les Habits de Lumière ont battu un record d’affluence avec 67 000 personnes. À l’échelle régionale, la Champagne concentre environ 20 % des nuitées du Grand Est, soit des retombées touristiques globales estimées de 1,2 à 1,4 milliard d’euros par an, selon le Comité régional du tourisme.

Des projections à manier avec prudence

TBRC n’est pas le seul à observer cette progression, mais les estimations varient : d’autres cabinets comme Grand View Research ou Future Market Insights évoquent parfois des montants dépassant 100 milliards de dollars d’ici 2030.
Ces écarts tiennent aux périmètres étudiés — certains incluent l’hôtellerie, la restauration ou le commerce associé.
Les projections restent donc des indicateurs de tendance, plus que des chiffres absolus.

Un secteur devenu stratégique

Au-delà des statistiques, le constat est clair : le tourisme du vin et de la gastronomie est désormais un pilier du développement local.
En Champagne, il s’inscrit dans l’identité du territoire et participe pleinement à son attractivité culturelle et économique.

(The Business Research Company (2025), Ifop (août 2025), Reims Tourisme & Congrès (2024), INSEE, ART Grand Est, Grand Reims et Office de tourisme d’Épernay).