Avec le rebond économique post-covid, les Champagnes Mumm et Perrier-Jouët (Pernod Ricard) enregistrent de bons résultats, le vice-président Champagne chez Martell Mumm Perrier-Jouët (MMPJ), Christophe Danneaux évoque cette belle reprise et également les projets portés par les deux maisons.
Comment ressentez-vous l’effet post-covid en Champagne ?
C’est vrai il y a quelque chose qui se passe ! Le rebond depuis le printemps est incroyable. On a toutes les chances de passer la barre des 300 millions de cols vendus et expédiés au 31 décembre en Champagne. Ce serait l’une des meilleures performances depuis cinq ans. Une performance qui effacerait les mauvaises performances des deux ou trois ans d’avant covid et celle de la période Covid. Quand l’on analyse ces chiffres, il se dégage trois composantes, déjà la reconstitution des stocks, puis il y a la consommation « revanche », les gens sont heureux de se retrouver, et ensuite on observe que cette consommation champagne semble se réamorcer pour une période plus longue. C’est vrai qu’il y a eu de l’épargne complémentaire en France, et une partie de cette épargne n’est pas investie dans des billets d’avion puisque les voyages n’ont pas vraiment repris. Certains sont heureux de le dépenser pour acheter du champagne. Mais attention, il y a encore beaucoup de points d’interrogation.
Après ces périodes difficiles et ces dernières vendanges, comment se déroule l’activité production au sein de vos maisons ?
Toute la filière est sous tension, actuellement on travaille en double équipe à l’habillage et au dégorgement pour livrer les marchés. C’est la première fois dans l’histoire de Mumm ! C’est vrai que c’est un peu compliqué avec le classement faible de l’an dernier même si on ne peut pas oublier le contexte où l’on se trouvait. Bien sûr, on a de grandes chances d’avoir la réserve individuelle, un outil que beaucoup de régions nous envient. Mais nous avons la place pour d’autres outils. Pourquoi pas une réserve tirée bloquée pour répondre rapidement aux demandes de marchés ? La réserve individuelle est utile particulièrement pour les vignerons, mais pour les maisons, c’est un peu plus compliqué, elle a ses limites, on ne peut pas faire des assemblages qu’avec des vins de réserve. Avec une réserve tirée bloquée, ce serait plus facile, cela vaut le coup de l’envisager à un moment donné.
Avec l’annonce de ses bons résultats annuels, on a constaté que le groupe Pernod Ricard a bénéficié de la reprise, qu’en est-il pour les Maisons Mum et Perrier-Jouët ?
Ce que je peux commenter ce sont les chiffres annuels (chiffres sur 12 mois du 1er juillet 2020 au 30 juin 2021) mais c’est vrai que nous sommes portés par une vague de rebond qui bénéficie à toute la Champagne. Pour Mumm, on réalise +12 % de chiffres d’affaires et +12 % en volume avec une croissance à deux chiffres en France, des volumes records en Australie, de bonnes performances aux USA et un retour à la croissance en Nouvelle-Zélande et Afrique du Sud. Pour Perrier-Jouët on enregistre +6 % de chiffres d’affaires et +6 % en volume avec d’excellentes performances pour la cuvée Belle-Epoque au Japon où la cuvée Grand Brut est également en forte croissance. Les USA et l’Italie marchent bien également. On poursuit notre développement en Chine, principalement sur le Grand Brut. Des croissances sont observées à deux chiffres à Hong Kong et en Espagne.
Quels ont été vos projets en termes de communication et d’offres en 2020/2021 ?
Séverine Frerson (cheffe de caves chez Perrier-Jouët) et Laurent Fresnet (chef de caves de Mumm) vont reprendre les voyages, nous allons privilégier le retour sur les marchés, mais pour organiser des manifestations ponctuelles avec un ensemble de journalistes, on se souviendra que les évènements digitaux peuvent fonctionner. Mais pas seulement pour les journalistes, car en restant chez eux, les consommateurs ont cherché des expériences qui peuvent enrichir leurs dégustations de champagne. La maison a ainsi développé l’expérience digitale offerte aux consommateurs afin d’amener la dégustation de champagne au plus près d’eux, chez eux avec « Taste Encounters with Mumm ». L’expérience est également proposée à nos visiteurs au Centre de visites Mumm à Reims. Quant à Perrier-Jouët, le lancement de la Belle Epoque Society a recueilli un franc succès cet été avec un beau retentissement. Un succès local certes, mais on est surpris des bons chiffres de fréquentation.
MMPJ fait partie des 8 régions viticoles à travers le monde choisies pour un programme d’agriculture régénératrice engagé par le groupe Pernod-Ricard, à quoi cela correspond ?
Depuis le printemps dernier, nous avons lancé un nouveau programme expérimental d’agriculture régénératrice. Nous sommes acteurs pour tester, réfléchir et développer sur ce programme. Il faut comprendre comment fonctionnent nos sols en Champagne, ils ne sont pas identiques d’une parcelle à l’autre. Cela peut démarrer avec une meilleure connaissance physique de ce que sont les sols à Cramant ou à Mailly Champagne, on réfléchit à apporter des réponses appropriées à chacune des parcelles en fonction des sols et des expositions. On travaille également sur la régénération des sols pour obtenir des couverts végétaux. On a testé l’expérience sur plusieurs hectares l’an dernier, et on a bien l’intention d’aller plus loin, et pourquoi pas un jour la prolonger sur nos 260 hectares.
Plus localement, comment se déroule votre projet sur la stratégie d’organisation de vos sites à Reims et Épernay ?
Le grand projet industriel pour tirer le meilleur de nos sites de production que nous avons lancés au printemps dernier se concrétise. Les premiers collègues sont arrivés, une équipe de sept personnes sur les 28 attendues sur le site de Reims. Les arrivées s’étaleront ensuite jusqu’à la fin de notre année fiscale 22. Tout un programme d’intégration a été développé pour les accueillir et les accompagner de la meilleure des façons.Ce projet consiste à transférer une partie de l’activité d’Épernay à Reims. Perrier-Jouët bénéficiera ainsi d’un nouvel espace de production sur le site de Reims, capitalisant sur les espaces disponibles et les outils modernes existants qui disposent d’un potentiel important. Ce projet qui vise à augmenter nos capacités de production, permettra de soutenir puis accélérer la croissance de Mumm et Perrier-Jouët et répondre à la demande toujours plus grande des marchés. Il prend tout son sens aujourd’hui !





