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Pol Roger révèle Sir Winston Churchill 2018, entre histoire, style et fidélité au Vieux Lion

Laurent d’Harcourt, président du directoire du Champagne Pol Roger se trouve devant la statue de Winston Churchill, à la Maison Pol Roger.

La Maison Pol Roger dévoile le millésime 2018 de sa cuvée la plus emblématique. Une cuvée rare. Exigeante. Ce 2018 marque également une étape importante : il s’agit du premier millésime Churchill élaboré par Damien Cambres, chef de caves, qui a succédé à Dominique Petit en 2018 (lire ici). Une continuité assumée.  Conçue en hommage à Sir Winston Churchill, la cuvée perpétue l’esprit du Vieux Lion, éminent amateur du style maison et allié indéfectible de la famille Pol Roger. Si l’assemblage reste secret, la trame, elle, ne change pas : pinot noir majoritaire, chardonnay en soutien, exclusivement issus de grands crus. Une ligne directrice claire, droite, immuable.

Un millésime porté par une année viticole en avance

Pour rappel, 2018 démarre sous l’eau. Automne et hiver très arrosés, puis un froid sec en février. Soudain, tout s’accélère. D’avril à juin, soleil généreux et douceur estivale propulsent la vigne dans une dynamique rapide, surprenante même. La floraison prend dix jours d’avance, poussée par une météo presque idéale.

L’été reste sur la même lancée : chaud, stable, homogène. Les grappes se développent parfaitement, nombreuses, saines, avec une maturité bien au-dessus des moyennes décennales.
Quand les sécateurs commencent à couper le 24 août, Pol Roger enregistre sa cinquième vendange d’août… et l’on devine déjà que ce ne sera pas la dernière.

Une élaboration précise, fidèle au style maison

Pressurage rapide et délicat. Double débourbage, dont un à froid pendant 24 heures. Fermentations alcooliques en cuves inox thermorégulées, cépages et crus séparés. La fermentation malolactique est réalisée, comme toujours, chez Pol Roger. Puis vient la descente dans les profondeurs : 33 mètres sous terre, où silence, fraîcheur et stabilité dessinent un environnement parfait pour un long vieillissement. Les bouteilles y resteront jusqu’à la prise de mousse, avant d’être remuées à la main, selon la tradition. Après le dégorgement, un repos de six mois minimum parachève ce travail minutieux. Un savoir-faire que la maison continue de revendiquer, millésime après millésime.

Une histoire d’amitié devenue mythe champenois

La genèse de cette cuvée remonte au 12 novembre 1945, lors d’un déjeuner organisé à Paris chez l’ambassadeur Alfred Duff Cooper. Autour de la table : Odette Pol-Roger, Sir Winston Churchill et un Pol Roger 1928. Le courant passe, immédiatement. Une amitié se crée, elle sera profonde, durable, presque familiale. Churchill, qui surnommait l’adresse d’Épernay « the world’s most drinkable address », n’a pourtant jamais pu visiter la maison. L’emploi du temps d’un homme d’État laisse peu de place à la flânerie champenoise.
Pour se faire pardonner, il enverra un exemplaire de ses Mémoires, dédicacé comme une bouteille : « Cuvée de Réserve, mise en bouteille au Château Chartwell. » Une fidélité qui inspira cette cuvée, restée conforme aux exigences du personnage qui aimait répéter : « Mes goûts sont simples, je me contente aisément de ce qu’il y a de meilleur. »