C’est à travers un communiqué  officiel envoyé par l’Union des Maisons de Champagne que Jean-Marie Barillère, son président, explique la situation champenoise et ses futures prises de décisions en tant que responsable du Négoce : “Le Champagne traverse une grave crise, une crise d’une ampleur inédite depuis la deuxième guerre mondiale. La perte des ventes est estimée entre – 20 et – 40 % et pourrait atteindre 100 Meb (représentant 1,7 milliards d’euros) dans l’hypothèse d’un éventuel rebond de la pandémie après l’été. Une telle chute de chiffre d’affaires, ce serait plus que la disparition de vignobles comme ceux de la Bourgogne, de la Provence ou de l’Alsace. Bon nombre d’expéditeurs (Vignerons ou Maisons) seront en déficit en 2020.

Pour protéger le tissu économique de notre belle région, nous avons déjà pris quelques décisions fortes ; il va falloir poursuivre en adaptant nos décisions vendanges à ce contexte, et faire en sorte que l’effort entre producteurs de raisins et metteurs en marché soit partagé de manière équitable. C’est un objectif de l’interprofession, donc du Syndicat Général des Vignerons et de l’Union des Maisons de Champagne.

Si, par exemple, la Champagne perd 1,7 milliards d’euros, il faut que cette somme soit répercutée équitablement entre les différentes activités (production de raisins et mise en marché). Comme le raisin représente en moyenne 40 % de la valeur d’une bouteille, pour un partage équilibré, il faudrait baisser la valeur de la récolte de 680 millions d’euros, soit, dans les conditions de la vendange 2019, décider d’un rendement de 7 000 kg/ha.

Les Maisons et leur Union sont prêtes à aller au-delà de ce chiffre, si et seulement si, une partie de ce rendement 2020 est considérée comme une avance sur la vendange 2021, c’est à dire tirable en 2022, et payée aussi en 2022. En effet, les Maisons ont conscience qu’un tel chiffre pose des problèmes à une très grande majorité d’entreprises viticoles, mais la situation économique de la filière est telle que si nous  voulons préserver  au mieux  le  tissu économique de la région, nous n’avons pas le choix : un rendement bas est une condition nécessaire pour préserver la valeur crée par notre appellation.

Ce chiffre bas, nécessaire pour la valeur, peut poser encore plus de problèmes à certains acteurs, comme les vignerons dits indépendants. Si, nous avons bien compris leur communiqué de presse, ils représentent 3000 ha, commercialisent 15 Meb de bouteilles. Aussi, ces chiffres montrent que ces mêmes opérateurs vendent l’équivalent de 15 Meb en raisins, en vins clairs aux Maisons. Ces acteurs sont donc, au-delà de leur activité « d’indépendants », au moins pour moitié de leur récolte en moyenne, parties prenantes de l’équilibre champenois.

Ceci-dit, comme l’Union des Maisons de Champagne place l’intérêt collectif de la filière au-dessus de tout, nous sommes prêts à demander à l’Interprofession une suspension, pour un an, de tous les contrats qui lient ces vignerons avec les Maisons, même les contrats pluriannuels. La démarche pourrait être très simple : un simple courrier avant fin juillet à la Maison co-contractante, avec copie au CIVC. Ainsi, ils n’auront pas de problème pour répondre à la demande de leur clients-consommateurs. Une telle démarche a l’avantage d’aider les ventes de Champagne dans deux-trois ans, et d’un autre côté, de permettre aux Maisons d’alléger leurs achats, de pouvoir contractualiser avec d’autres vignerons afin que tous les raisins de la vendange 2020 trouvent preneur”.

 

 

 

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