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Rendements de la Vendanges 2021 en Champagne : « dans le top 5 des plus mauvaises années depuis un demi-siècle »

vendanges des Chardonnay a Avize dans la Marne

Le bilan des vendanges d’Arnaud Descôtes, directeur des services techniques du Comité Champagne est toujours très attendu. Évidemment plus encore cette année. : « C’est une année de vigneron ! C’est une année fraîche au regard de ce qu’on connaît depuis une dizaine d’années. Toutefois si l’on fait le parallèle avec ce que l’on connaissait il y a 25 ans/30 ans, c’est une année normale. Donc c’est une année très fraîche, sauf pour la mi-juin qui a permis à la fleuraison de se dérouler dans de bonnes conditions. Mais la vigne a poussé très vite et a entraîné des problèmes sur la qualité du palissage, des traitements et des sols. Il faut ajouter que c’est une année très humide. Les mois de mai, juin, juillet ont été décisifs, on a reçu l’équivalent de cinq mois de pluies avec ces fameux orages du 14 juillet  Cela a eu des conséquences sur l’état sanitaire des vignes avec des attaques de mildiou et un niveau de perte inédit ».

« Certains se sont battus avec beaucoup d’acharnement »

On le sait ces conséquences dues à ces difficultés climatiques de la campagne viticole 2021 sont impressionnantes : « du gel d’abord avec 30 % de perte, puis le mildiou avec 30 % de pertes également. Et l’on n’avait jamais vu ça depuis très longtemps,  les références les plus proches c’était l’année 1997 avec des pertes de 10 % et l’année 2016 où nous avons perdu 15 % ».  Il faut remonter aux années cinquante voire plus loin pour se remémorer ce type de (mauvais) pourcentages. Mais malheureusement pour les Champenois, les ennuis ont continué : « Avec des mange-bourgeons pendant trois semaines, de la grêle, de l’oïdium et même de l’échaudage fin aout ; et puis l’apparition d’un peu de pourriture ». Trois scénarios avaient été évoqués par les services techniques du Comité Champagne avant la publication des bans des vendanges : « Un premier scénario, chaud et orageux avec une explosion de la pourriture, un deuxième, frais et humide avec une progression lente de la pourriture, et un troisième  scénario, chaud et ensoleillé, et bien on eu les trois ! ».  Et c’est bien l’hétérogénéité qui est le grand mot (ou maux! ) de cette vendange champenoise   : « Hétérogénéité de gel, de mildiou, de rendements, de maturité, de l’état sanitaire. En cette fin de vendange, l’on voit bien que le plus beau côtoie le plus laid ». Mais Arnaud Descôtes reconnaît que cette campagne a été très difficile, «  certains se sont battus avec beaucoup d’acharnement et ont sauvé l’essentiel, d’autres se sont également avec le même acharnement, mais ne s’en sont pas sortis, d’autres, très minoritaires, ont abandonné. C’est une année où il fallait beaucoup d’engagement, de ténacité et de technicité et aussi de la chance ! ».

« Il y a une bonne surprise »

Côté rendement, sans grande surprise, Arnaud Descôtes indique : « on va être dans le top 5 des plus mauvaises années depuis un demi-siècle. Mais il y a une bonne surprise sur la composition des jus. Les raisins et les caisses ont été triés. On va sûrement élaborer des cuvées qui ressemblent à ce que l’on faisait dans les années 80/90 voire début des années 2 000. Dans la base de données, on retrouve des similitudes avec les années 1997, 2008 et 2013, donc de belles références ».*

Pour ce professionnel du vignoble champenois, sans nul doute que l’année a été difficile, mais elle permet de se poser des questions et d’apprendre : » c’est une année qui va avoir des conséquences en termes d’organisation économique de la filière, mais aussi en termes de pilotages agronomiques des exploitations et ainsi comprendre qu’il ne faut pas passer d’un excès à l’autre, attention aux engrais, à la taille aux traitements, cela ne sert à rien de « surtraiter » et surfertiliser, la viticulture durable dans une année normale permet d’emmener la récolte au bout ! ».

*les calculs ne sont pas encore terminés, on évoque une moyenne autour de 6.000 kg/ha