
Il a gagné sa place sur les belles tables et compte bien se faire un nom. Le ratafia champenois poursuit sa mue, porté par une filière qui veut élargir son public. Réélu pour un deuxième mandat à la tête de l’Association des Ratafias Champenois, du Marc et de la Fine Champenoise, Alexis Leconte affiche ses ambitions : miser sur les cocktails, pousser les portes de l’export et donner un nouvel élan au marc et à la fine champenoise.
Vous venez d’être réélu président. Comment accueillez-vous cette confiance renouvelée et avec quelle feuille de route repartez-vous ? C’est un honneur d’avoir été reconduit pour un deuxième mandat. Les 4 premières années sont passées très vite, avec la mise en place de notre évènement Le Chaudron, les réflexions sur nos cahiers des charges et le travail sur donner une nouvelle image au Ratafia Champenois. Notre travail a commencé a porté ses fruits. Nous souhaitons avec tout le bureau aller encore plus loin dans la promotion déjà sur le marché françaisnçais puis à l’étranger. Nous souhaitons aussi développer d’autres moments de partage à l’avenir. Les modifications des cahiers des charges que nous avons initiés il y a 2 ans sont en bonne voie. Nous allons aussi ouvrir à l’univers des cocktails et de la mixologie.
Lorsque vous avez pris la présidence, le ratafia champenois cherchait encore à gagner en visibilité. Qu’est-ce qui a réellement changé depuis ? Nous avons gagné en visibilité, aujourd’hui il y a dans tous les restaurants étoilés et gastro de Champagne du Ratafia Champenois. Le format 3 litres nous a énormément aidé avec le service au chariot. Ca devient même un petit rituel. Nous voyons aussi l’intérêt et des demandes dans le reste de la France ainsi qu’à l’étranger.
Où en est aujourd’hui la filière en chiffres : nombre de producteurs, volumes produits, bouteilles commercialisées et évolution des ventes ? Il y a aujourd’hui près de 430 opérateurs. Avec une production moyenne de 7 000 hL.
On parle beaucoup du renouveau du ratafia champenois. Est-ce aujourd’hui un véritable marché ou encore un marché de niche dont on parle parfois davantage qu’on ne vend ? Il y a un vrai marché et une vraie demande. On peut encore parlé d’un marché de niche mais qui ouvre les portes et notamment à la jeune génération.
Le ratafia a longtemps gardé l’image de « l’apéritif du vigneron ». Cette image appartient-elle désormais au passé ? Oui complétement. Aujourd’hui son image est dans la gastronomie avec des associations possibles sur tout un repas ou aujourd’hui sur un travail dans l’univers de la mixologie.
Dans une période plus compliquée pour le marché du Champagne, constatez-vous davantage d’intérêt pour le ratafia comme source de diversification ? Peut-il représenter un véritable complément économique pour une exploitation ? Effectivement, c’est une source de revenu complémentaire pour une exploitation.
Les grandes maisons s’intéressent davantage au ratafia. Est-ce une chance pour la visibilité de la catégorie ou cela change-t-il aussi les équilibres au sein de la filière ? Plus nous serons nombreux à parler et à communiquer sur le Ratafia Champenois plus son image grandira dans le monde. Nous avons la chance, comme ODG de représenter tous les acteurs de la filière : vignerons, négociants, producteur de mout, distillateur,
La gastronomie, les sommeliers et les chefs ont beaucoup contribué à sa nouvelle image. Comment passe-t-on maintenant de cette reconnaissance professionnelle à une consommation plus large ? La mise en avant par les sommeliers et les chefs a été un accélérateur. Ils sont nos meilleurs prescripteurs. Aujourd’hui tous les visiteurs qui viennent en Champagne ont la possibilité de gouter et découvrir ces produits. Ils font partie pleinement du paysage Champenois avec le Champagne et les Coteaux Champenois. Cette expérience unique proposée est une chance pour toute la filière
Cocktails, bars, apéritif, accords à table : quels usages ont aujourd’hui le plus de potentiel pour conquérir de nouveaux consommateurs ? La mixologie et les cocktails. On voit une vraie attente du consommateur autour de la mixologie
Et à l’export, où en êtes-vous ? Existe-t-il déjà des marchés sur lesquels le ratafia champenois commence réellement à s’installer ? Il est vrai qu’aujourd’hui les ventes sont focalisés sur les marchés déjà mature en Champagne, Japon, Etats Unis, Pays Scandinaves, Belgique.
On parle beaucoup du ratafia, beaucoup moins du marc et de la fine champenoise. Leur développement fera-t-il partie des priorités de votre nouveau mandat ? Ils font partie de la volonté d’être mis plus en avant. Nous travaillons actuellement avec des mixologues. Nous avons lancés au printemps dernier 1 cocktail Signature : « Le Champenois » qui propose un cocktail avec les 3 IG Ratafia, Fine et Marc Champenois. Mais nous avons des demandes sur la Fine et le Marc à l’export. Mais aujourd’hui comme nos amis de Cognac, Armagnac, nous souffrons sur les marchés avec les alcools forts
Le Chaudron s’est désormais installé dans le paysage. Souhaitez-vous faire évoluer cet événement ou lui donner une nouvelle dimension ?
Oui, nous sommes sur des reflexions pour des mises en avant hors Champagne pour continuer à faire connaitre nos 3 IG en France dans un premier temps puis à l’ étranger dans un futur proche.




