Les bans sont publiés, le rendement fixé ! Désormais on peut se consacrer aux vendanges avec une date moyenne d’ouverture de vendanges le 22 août pour l’ensemble de l’Appellation. Et le dernier message du Réseau Matu, démontre une fois de plus que la Nature n’en fait jamais qu’à sa tête. Ainsi après une première semaine fulgurante et record, la dynamique de maturation hebdomadaire s’infléchit nettement concernant le degré potentiel, (Chardonnay (CH) : + 1,1 % vol. ; Pinot noir (PN): + 0,3 % vol. ; meunier (MN) : + 0,8 % vol.). Au 17 août, le Chardonnay comble en partie son retard sur le Pinot noir et le Meunier mais reste toujours nettement en retrait (CH : 8,2 % vol. ; PN : 9,2 % vol. ; MN : 9,2 % vol.). D’après le Réseau Matu, cette dynamique ralentie est d’autant plus spectaculaire qu’elle n’était pas envisagée d’une telle ampleur.

Pas de blocage pour le meunier

Pour comprendre cet état de fait, plusieurs éléments rentrent en compte à l’instar du prélèvement des échantillonnages (un peu moins nombreux dans l’Aube) par rapport à l’Aisne et la Marne. Cependant, ces deux départements ont un comportement différent principalement en lien avec les cépages dominants et les précipitations observées depuis le début de la maturation. Le vignoble axonais a reçu entre 12 et 40 mm d’eau depuis le 1er août. Dans la Marne, la majorité des secteurs a reçu entre 0 et 10 mm d ’eau. Quelques secteurs comme la région d ’Epernay, une partie des Côteaux du Petit Morin et le sud Sézannais ont été plus arrosés (15 à 30 mm). De ce fait, les poids de grappes du Meuniers de l’Aisne ont fortement progressé par rapport à ceux de la Marne (Aisne : + 14 % et 121 g ; Marne : + 9 % et 129 g), en revanche, avec le manque d’eau, la prise de degré potentiel hebdomadaire a été plus forte dans la Marne.

Globalement, la charge en sucres pour le Meunier s ’infléchit sur l ’ensemble de la l’Appellation. Ce cépage entame sa phase de fin de maturité. Toutefois, la dynamique de charge en sucres est nettement plus faible dans l ’Aisne : un phénomène de dilution est observé sur les secteurs ayant reçu les plus fortes quantités d’eau. A ce stade, il ne s’agit donc pas d’un blocage. Un retour à une dynamique normale devrait être observé dans les prochains jours.

Prévisions à adapter selon la pluie

A l’inverse, la dynamique de charge en sucres du Chardonnay de la Marne, et dans une moindre mesure, celle du Pinot noir ne semblent pas s’infléchir. Les poids de grappes ont fortement augmenté pour ces deux cépages malgré le peu de précipitations observées (CH Marne : + 18 % et 137 g, PN Marne : + 15 % et 139 g). La cinétique de charge en sucres reste très soutenue. Cette dynamique devrait se poursuivre pour le Chardonnay et commencer à marquer une inflexion dans les prochains jours pour le Pinot noir, cépage dont la maturité est plus avancée. Bien entendu, cette prévision doit être adaptée aux quantités d’eau qui tomberont d’ici les vendanges.

Un potentiel de maturation en cours d ’évolution Si le degré potentiel a peu évolué, les autres paramètres de maturité ont suivi des dynamiques beaucoup plus soutenues. Au 17 août, l ’acidité a fortement chuté (CH : -9,1 gH 2SO 4/L ; PN – 8,6 gH 2SO 4/L ; MN : -8,3 g H 2SO 4/L). A degrés équivalents, le millésime 2020 s’éloigne des équilibres observés en 2019 et se rapproche de ceux observés en 2018, notamment pour le Chardonnay. La chute d ’acidité va se poursuivre dans les prochains jours. Il faut également souligner que le taux de véraison est toujours en cours d ’évolution. Avec 87 % de baies vérées pour un degré moyen de 8,9 % vol., le taux de véraison a fortement évolué et se rapproche désormais des normales observées à degré équivalent.

Le potentiel de maturation du millésime 2020 reste élevé…

On l’a maintes fois évoqué : le degré potentiel ne doit pas être la seule clé de décision des dates de vendanges. Les niveaux de véraison et d’acidité, complétés par des informations plus subjectives telles que la dégustation des baies ou des jus, doivent permettre d ’ajuster au mieux les dates pour cueillir des raisins au bon niveau de maturité. Plusieurs opérateurs observent actuellement une bascule de maturité en dégustant des baies ou des moûts. Le potentiel de maturation du millésime 2020 reste élevé, cependant l’optimum sera certainement atteint à des valeurs de degré potentiel un peu plus faible que celles envisagées la semaine dernière.

A noter que l’état sanitaire à l’échelle de la Champagne est globalement excellent. Les pourritures, qu’elles soient grises ou acides, sont à ce stade absentes du vignoble. Sur le réseau des “préleveurs”, une seule parcelle a été signalée avec présence de pourritures. La situation devrait évoluer avec le retour d’une humidité ambiante plus élevée et de fortes températures. L’état sanitaire de la vendange devrait être cependant d’un très bon niveau.

(source Comité Champagne)

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