Accueil Abonnés Visiter le clos Saint-Hilaire, c’est entrer dans l’intimité de la Maison Billecart-Salmon

Visiter le clos Saint-Hilaire, c’est entrer dans l’intimité de la Maison Billecart-Salmon

Photos Théo Wallyn

À Mareuil-sur-Aÿ, la Maison Billecart-Salmon ouvre les portes de son clos Saint-Hilaire*. Ce lieu rare, planté exclusivement en pinot noir, est bien plus qu’une parcelle : c’est un manifeste.« Nous voulons que chaque visite soit une immersion totale dans notre univers », explique Mathieu Roland-Billecart, président de la maison familiale. Ici, tout a été repensé pour accueillir, raconter et transmettre. Les visiteurs sont reçus dans un bâtiment de 850 m². Signé par l’architecte Vincent Fierfort et décoré par Eliott Barnes, il mêle élégance et clarté pédagogique.

Cartes du vignoble, supports visuels, salons modulables… Rien n’est laissé au hasard. « On peut enfin montrer d’un coup d’œil que 92 % de nos vignes se trouvent dans un rayon de 20 km », souligne Denis Blée directeur vignes et vins. Le site accueille entre 2 000 et 3 000 personnes par an. La majorité sont des professionnels, mais certains particuliers, sur recommandation, peuvent aussi franchir la porte. L’ouverture le samedi est une nouveauté.

Le clos Saint-Hilaire, écrin de biodiversité

Un hectare travaillé comme un jardin. Labour au cheval, enherbement naturel, vendanges manuelles. « Nous avons planté 41 arbres, 250 arbustes, semé des jachères fleuries, créé deux mares et installé des ruches », énumère Denis Blée.Ce clos est cultivé en bio et en biodynamie.  À noter que Billecart-Salmon compte aujourd’hui 100 hectares certifiés bio et passera bientôt de 5 à 12 hectares en biodynamie.

La visite commence par les salons. Techniques ou plus cosy, ils s’adaptent au profil et aux attentes de chaque invité. Dégustations pointues, rencontres autour de la viticulture, ou réceptions haut de gamme jusqu’à 45 convives. Puis vient la vue sur le Clos, par le haut. Au centre, un marronnier centenaire. En bordure, deux vitraux réalisés par l’atelier Simon-Marq de Reims représentent le travail du sol à cheval et la vendange, dans un style médiéval. La maison revendique une visite longue, entre deux et deux heures trente. « C’est souvent l’une des plus pédagogiques de Champagne », note Denis Blée. Les explications s’adaptent au niveau des visiteurs, qu’ils soient néophytes ou spécialistes.

Entre tradition et vision

Ouvrir le clos Saint-Hilaire au public n’était pas une évidence. Mais pour Mathieu Roland-Billecart, c’était nécessaire : « Ce clos incarne notre histoire et notre exigence. Le montrer, c’est aussi partager ce qui fait notre singularité. »
Ici, la rareté n’est pas une stratégie marketing, mais le reflet d’une philosophie : prendre le temps, soigner chaque détail, et offrir un moment où l’on comprend pourquoi un clos peut être bien plus qu’une vigne.

*La Maison vient d’ailleurs de présenter le dixième millésime de cette cuvée emblématique, issue de la récolte 2009.

Nicolas François millésime 2012 : l’élégance millésimée

La Maison Billecart-Salmon vient de sortir un millésime 2012 de la cuvée Nicolas François. Assemblage de 60 % pinot noir (Mareuil-sur-Aÿ, Aÿ, Verzenay) et 40 % chardonnay (grands crus de la Côte des Blancs), il se distingue par sa fraîcheur remarquable pour un 2012, sa précision aromatique et sa longueur en bouche. Fidèle à sa philosophie, la maison privilégie des sorties tardives : le temps passé sur lies peut dépasser dix ans, afin d’atteindre un équilibre optimal entre tension et maturité. Billecart-Salmon ne cède pas aux effets de mode ou à la pression des sorties rapides. Certains millésimes jugés moyens (2001, 2011, 2021) ne voient pas le jour sous forme de cuvées millésimées, tandis que d’autres, comme 2007, ont surpris par leur qualité après un long élevage.