Avec le millésime 2015, Champagne Henriot fait revenir la Cuvée des Enchanteleurs. Créée en 1889, cette cuvée occupe une place à part dans l’histoire de la Maison. Elle a été présentée par Alice Tétienne, directrice générale adjointe et cheffe de caves, hier à Wine Paris.
Son retour ne relève pas d’un simple hommage. Il s’inscrit dans une réflexion plus large sur la manière dont Henriot structure aujourd’hui son discours autour de ses cuvées de prestige.
Une cuvée historique, un nom retrouvé
Dès l’origine, la Cuvée des Enchanteleurs est pensée comme une synthèse des terroirs historiques de la Maison. Elle s’appuie sur six grands crus : Verzy, Verzenay et Mailly-Champagne sur la Montagne de Reims, ainsi qu’Avize, Chouilly et Le Mesnil-sur-Oger sur la Côte des Blancs. À partir du millésime 2005, la cuvée change de nom pour devenir Héméra (lire ici). Cette évolution correspond à une phase où la Maison cherche à renouveler son expression, en donnant davantage de place à la création et au récit.

2015, un point de recentrage
Avec le millésime 2015, Champagne Henriot revient à l’appellation d’origine. Sans modifier l’essentiel. La recette reste identique. Le socle technique aussi. Le vin repose sur les mêmes équilibres, avec notamment deux hectares identifiés comme de véritables niches, travaillés avec précision.Ce retour marque un recentrage. Le discours gagne en lisibilité. La cuvée retrouve un cadre plus clair.
Une réflexion engagée en interne
Ce choix n’est pas récent. « Quand je suis arrivée chez Henriot, on en parlait déjà », rappelle Alice Tétienne. La réflexion porte alors sur l’identité de la cuvée et sur la manière dont elle est perçue. « On a cru bon que la création apportait la notoriété », reconnaît la cheffe de caves. Avec le recul, la Maison ajuste son approche et privilégie un nom déjà identifié.
La disparition d’Héméra, un choix clair
En laissant disparaître le nom Héméra, Champagne Henriot simplifie son discours. La marque concentre son récit sur un nom unique, immédiatement compréhensible, en France comme à l’international. Il ne s’agit pas d’effacer une période, mais de remettre de la hiérarchie. La Cuvée des Enchanteleurs redevient la référence du haut de gamme de la Maison.
Une cohérence visible jusque sur la bouteille
Le changement se lit aussi dans l’habillage. L’étiquette reprend les codes d’époque, retravaillés dans une teinte marron foncé, en cohérence avec l’évolution récente de la collection Henriot. Le choix est sobre. Il va à l’essentiel.Avec le retour de la Cuvée des Enchanteleurs, Champagne Henriot opère un choix lisible. La Maison recentre son discours sur ce qui est déjà identifié. Une décision qui vise moins l’effet que la cohérence, et qui remet le nom de la cuvée au cœur du propos.




