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Droits de douane : le Comité Champagne ne veut « que ses produits soient pris en otage »

Maxime Toubard, David Chatillon, Franck Leroy et Laurent Saint-Martin

Dans une lettre adressée aux vignerons et maisons de Champagne, le Comité Champagne revient sur la visite en Champagne, vendredi 4 avril, de Laurent Saint-Martin, ministre délégué chargé du Commerce extérieur et des Français de l’Étranger. Une rencontre qui s’est tenue dans un contexte particulièrement sensible pour la filière, après les récentes annonces du président américain Donald Trump concernant l’instauration d’une taxe de 20 % sur l’ensemble des produits européens à destination des États-Unis, incluant le champagne.

«  Nous traversons actuellement une période d’incertitude, marquée par les récentes annonces du Président américain, qui impactent directement nos exportations vers les États-Unis  », rappelle le Comité Champagne en préambule.

Une séquence dédiée à la filière Champagne

Organisée à l’initiative de Franck Leroy, président du conseil régional du Grand Est et président de l’Assemblée des régions européennes viticoles (AREV), une séquence spécifiquement consacrée à la filière Champagne a permis d’aborder les enjeux liés à cette nouvelle mesure. «  Une séquence dédiée à la filière Champagne, dans laquelle vignerons et maisons étaient représentés, a permis d’aborder en toute transparence les implications des récentes annonces du Président américain Donald Trump.  »

Le Comité Champagne précise  : «  Ces annonces modifient profondément la situation économique en instaurant une taxe de 20 % sur l’ensemble des produits européens à destination des États-Unis, y compris le Champagne.  »

Appel à une réponse européenne mesurée

Au cours de l’échange avec le ministre, les représentants champenois ont tenu à faire passer un message de vigilance et de responsabilité. «  Nous avons rappelé au ministre la nécessité d’écarter toute mesure de rétorsion ciblant le whiskey du Kentucky et le Bourbon, afin de ne pas provoquer une riposte encore plus sévère, comme la menace de droits de douane à 200 % brandie par l’administration américaine. Nous avons insisté pour que l’Union européenne adopte des mesures justes et proportionnées.  »

Mobilisation et coopération transatlantique

Face à un risque réel pour la filière, le Comité Champagne souligne la continuité de son engagement, au-delà des frontières. «  Conscients des risques pour notre filière, nous continuons de nous mobiliser, avec les organisations de part et d’autre de l’Atlantique, afin de convaincre les administrations américaines et européennes de ne pas prendre nos produits en otage dans leurs conflits commerciaux et d’éviter toute escalade qui nuirait à nos intérêts.  »

Le message est clair  : «  Notre engagement et notre implication dans ce dossier sont sans faille. Nous demeurons pleinement mobilisés pour défendre les intérêts des Champenois et avons apprécié l’écoute attentive du ministre sur ce sujet essentiel.  » Selon la lettre, le ministre a « assuré du soutien du gouvernement et de sa compréhension approfondie du dossier. Il a également partagé avec nous l’état des réflexions européennes en réaction à ces mesures. »

Diversification des marchés et outils adaptés

Lors de la rencontre, Laurent Saint-Martin a également interrogé les professionnels sur les perspectives de diversification. Le Comité Champagne indique  : «  Les pays de l’Union européenne constituant des marchés déterminants pour le Champagne, nous avons demandé à disposer d’outils qui facilitent les expéditions vers ces pays, notamment un guichet unique accises, et d’encourager les accords de libre-échange.  »

Discrétion stratégique

Enfin, dans une période où chaque prise de parole publique peut avoir des répercussions, la filière a choisi de faire preuve de retenue. «  Nous faisons front commun avec l’ensemble de la filière vin et spiritueux européen pour défendre nos enjeux. Mais, nous avons décidé de ne pas surexposer médiatiquement le champagne, dans cette période délicate où chaque déclaration et action sont scrutées.  »

Signée par Maxime Toubart et David Chatillon, coprésidents du Comité Champagne, cette lettre se veut un appel à la cohésion, à la vigilance et à la responsabilité collective dans une conjoncture internationale instable.