L’OENOTHEQUE DU CHAMPAGNE SALON (archives)

Le champagne, serait-il un excellent placement alternatif ? Pour de nombreux investisseurs familiers des portefeuilles investis en vin et spiritueux, il semblerait que oui. Voici le point en partenariat avec le site comparatif de banques en ligne Détective Banque sur l’investissement dans le champagne.

Le champagne : un investissement alternatif meilleur que la bourse ?

Le ‘Liv-ex Champagne 50’ est un indice qui suit 50 millésimes de champagne, considérés comme des valeurs de référence. Chaque millésime a sa valeur de marché, corrigée de manière à pouvoir être comparable à la valeur d’autres millésimes (basé à décembre 2003).

Quels sont ces millésimes ? Les voici :

Indice ‘Champagne 50’ de Liv-Ex (composition)
Marque Année(s)
Bollinger, Grande Annee 2004, 2005, 2007, 2008
Krug, Vintage Brut 1998, 2000, 2002, 2003, 2004, 2006
Louis Roederer, Cristal 2004, 2005, 2006, 2007, 2008, 2009
Louis Roederer, Cristal Rose 2007, 2008, 2009, 2012
Moet & Chandon, Dom Perignon 2002, 2003, 2004, 2005, 2006, 2009
Moet & Chandon, Dom Perignon Rose 2003, 2004, 2005, 2006
Perrier Jouet, Belle Epoque 2007, 2008, 2011
Philipponnat, Clos Goisses Brut 2005, 2007, 2008, 2009
Pol Roger, Sir Winston Churchill 2002, 2004, 2006, 2008
Salon, Le Mesnil 2002, 2004, 2006, 2007
Taittinger, Comtes Champagne 2002, 2004, 2005, 2006, 2007

Comme l’indique le tableau, l’indice ‘Champagne 50’ a progressé de +49,06% sur les années 2016-2020. Sur les 10 dernières années, il fait même mieux : +85 % !

Sur la même période, l’indice boursier FTSE 100 a cru de +65% seulement… tandis que le CAC 40 a enregistré de son côté une progression de 38%.

La progression moyenne du champagne cache bien entendu d’importantes disparités. Sur l’année écoulée, bien qu’elle soit de seulement +4,06%, certains millésimes ont fait un bond de +30%.

Parmi les progressions les plus spectaculaires, la marque Salon a beaucoup fait parler d’elle. Ses meilleurs crus ont vu leur valeur croître de +163% sur la période 2011-2020. mais d’autres ne sont pas en reste :

  • PHILIPPONNAT : +63%
  • DOM PERIGNON : +61%
  • KRUG : +60%
  • CRISTAL : +40%

La marque est en effet capitale dans le marché du champagne de luxe. La communication des restaurateurs, nightclubs et dîners/réceptions officiels ne fait qu’ajouter à cette tendance (mpeme si elle est un peu aux abonnés absents actuellement!). Un autre mécanisme est aussi à l’œuvre : celui du prestige associé à une année particulière. L’aura qui entoure un millésime 2002 Salon rejaillit en quelque sorte sur les millésimes de la même année. D’où la prudence requise au moment de sélectionner une bouteille parmi des dizaines de cuvées dites de “prestige ».

Jetons un coup d’œil aux meilleures progressions de l’année précédente :

Prix par lot : 12 x 75 cl en livre sterling
Maison/Marque Année Février 2018 Février 2019 Progression (%)
Louis Roederer, Cristal 2005 1 118 1 456 +30%
Salon, Mesnil 2002 3 672 4 700 +28%
Louis Roederer, Cristal Rose 2007 3 144 4 000 +27%
Perrier Jouet, Belle Epoque 2008 1 050 1 320 +26%
Philippomat, Clos des Goisses 2005 850 1 051 +24%

 

Le Cristal 2005 de Louis Roederer a enregistré une progression très remarquée des amateurs. Une caisse change aujourd’hui de mains à Londres pour près de 1 500 £ !

Mais toutes les marques n’ont pas connu le même succès.  Plusieurs mécanismes du marché expliquent ces dépréciations. D’abord, les millésimes les plus anciens, en particulier avant 2005, ont tendance à être privilégiés. Et surtout les millésimes les plus récents subissent la concurrence des vins mousseux traditionnels, parmi lesquels on trouve de plus en plus de produits de (très) grande qualité.

Confiance et réputation

Les négociants sont un bon point d’entrée sur ce marché. Le marché des intermédiaires en champagne de luxe est un marché non régulé. A ce titre, la confiance et la réputation sont des indicateurs cruciaux. Pour éviter des déconvenues, des vérifications (sur pièces et sur place) sont impératives.

Ces négociants français ou internationaux font régulièrement le tour des vignobles champenois à la recherche des meilleurs millésimes. Les techniques utilisées vont des plus classiques (visite, échantillonnage, dégustation) aux plus inventives. Dans les grandes villes européennes (Londres, Rotterdam), de nombreux négociants proposent leurs conseils et leur accompagnement. En particulier, ils permettent de bénéficier des dispositifs fiscaux locaux destinés aux investisseurs en vins et spiritueux.

Mais pour cela, il faut accepter de ne plus revoir son champagne. Les bouteilles sont stockées chez le négociant, souvent dans un entrepôt doté d’infrastructures de conservation adéquates. Les dispositifs fiscaux varient d’une ville à l’autre : certaines prévoient l’exonération de TVA, d’autres l’exemption sur certains droits… Le point commun reste le coût de ce stockage : il varie de 10 € à 30 € par année, pour une caisse de 12 bouteilles. Un prix qui inclut l’assurance vol-dommages.

Du côté des  maisons, les millésimes sont généralement mis sur le marché entre cinq et dix ans après l’année de la vendange. Sauf qu’il faut aussi tenir compte du stockage chez les négociants, qui lui aussi peut durer – au moins aussi longtemps. Et au moment de la revente, il faut prévoir 10% en coûts de transactions diverses, à payer au négociant.

Suivre les marques connues

Attardons-nous un instant sur les bouteilles elles-mêmes. La majorité des investisseurs restent dans le classique, c’est-à-dire des caisses de 12 bouteilles x 75 cl. Cette configuration représente le lot standard sur le marché. À noter que la taille de la bouteille compte de plus en plus. Plus elle est grande, plus le prix tend à augmenter.

Il faut savoir que les acheteurs avertis n’achètent pas seulement les marques établies et les plus connues. Ils attendent également de nouvelles marques françaises qui ‘montent’ : les prochains bons investissements en champagne de luxe. Un bon exemple en la matière reste Armand De Brignac, également connu sous le nom d’Ace of Spade. Cette marque a été mise à l’honneur après que Jay-Z ait commencé à en parler sur les réseaux sociaux ( avant de la racheter), sans en être officiellement ambassadeur. Ce type de présence médiatique fait partie intégrante du monde du champagne de luxe. Il prend de l’importance (et donc de la valeur), non seulement en tant que breuvage de choix, mais en tant qu’article de consommation qui plaît au public en général. Un mécanisme qu’il faut comprendre car il représente le motif pour lequel les amateurs placent leurs capitaux dans cet investissement alternatif.

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