Il ne manquait plus que ça ! Après une année morose due à la crise sanitaire, la nature nous rappelle à son souvenir avec ces épisodes de gel qui se sont abattus en France. Au printemps, le gel est toujours le fléau le plus redouté ! Mais malheureusement peu ou prou exceptionnel en Champagne, sa situation septentrionale rend son vignoble particulièrement vulnérable au gel, notamment pour les jeunes bourgeons. En phase de débourrement, ce gel de printemps reste l’ennemi numéro 1.  Que cela soit dans les journaux, à la télé ou sur les réseaux sociaux, on a vu partout ces systèmes de réchauffage de l’air avec de chaufferettes ou encore ceux utilisant le maintien d’un équilibre eau-glace à 0° C (aspersion d’eau). Des nuits et des journées bien éprouvantes pour les Champenois. D’autant que le gel peut réapparaître au moins jusqu’à la mi-mai avec la période des Saints de glace : saint Mamert le 11 mai, saint Pancrace le 12 mai et saint Servais le 13 mai.

Pour l’instant, c’est l’heure des comptes. Il faut examiner de plus près les dégâts pour évaluer les pertes en Champagne.  Les premières observations dans les vignes laissent apparaître des dégâts parfois colossaux (jusqu’à 80 % sur des parcelles) sur certaines parties du vignoble, Montgueux, le sud du Sézannais et de la Côte des Blancs, Côte des Bar, Vitryat ont été les plus touchées, la partie de la Montagne de Reims a un peu moins souffert.

Ne soyons pas égocentrique, c’est le monde agricole et viticole français presque tout entier qui a été frappé. De fait, si il faut comprendre que chaque viticulteur/agriculteur voit ce gel comme un véritable crève-cœur devant la destruction de son potentiel de récolte, face à ces pertes, faut-il le rappeler la Champagne a la chance de bénéficier d’une sauvegarde avec sa fameuse réserve individuelle. Ce que les représentants du Syndicat général des vignerons de la Champagne et de l’Union des maisons de Champagne n’ont pas cessé de rappeler dans les médias ces derniers jours.  Depuis la récolte 2007 les quantités récoltées entre le rendement disponible et le rendement maximum annuel sont placées en réserve qualitative individuelle dans la limite de 8 000 kg/ha par chaque exploitant. Cette réserve est un gage de qualité, en cas d’incidents climatiques. Avec ce mécanisme parfaitement huilé créée par l’interprofession champenoise, cette « assurance » permet de voir venir. Et en 2021, cette réserve est remplie grâce aux dernières belles vendanges.

Juste pour l’Histoire, on ne peut pas oublier cette phase de gel de 2003 en Champagne, ni celles qui l’ont précédée en 1957, 1951, 1936, 1930. Et si l’on remonte encore plus loin, en 1872, tous les vignobles de Champagne ont gelé au printemps, sauf Venteuil ; en 1873, une gelée comme en plein hiver, qui fut générale, détruisit la récolte aux 3/4 (25, 26 et 27 avril) ; en 1874, la gelée a détruit la montre aux 3/4, du 1er au 22 mai, il a gelé plus ou moins tous les jours.


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1 COMMENT

  1. Bonsoir
    N’oublions pas les 400kgs de deblocage obligatoire qui ont eu lieu en février. Ainsi, les vignerons champenois ont à ce jour au maximum 7600kgs/ha de RI….

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