« Nous sommes dans une phase de risque épidémique exceptionnel de mildiou » déclare Jean-Baptiste Lecaillon, co-président de la commission technique du Comité Champagne qui s’est réunie la semaine dernière à ce propos. Un épisode qui serait comparable à celui de l’année 2016, année de référence avec une perte de récolte estimée à 15 % à la suite de la pression de mildiou.

« Des secteurs sont particulièrement ravagés. Les poussées de chaleur au moi de mai, puis les orages, près de 50 à 70 mml d’eau sur la Champagne sont venus fragiliser la vigne. On a subi des attaques de mildiou comme on n’en avait pas eu depuis très longtemps » explique Jean-Baptiste Lecaillon, qui ajoute se voulant plus rassurant : « c’est vrai que le mildiou est un vrai problème pour les rendements, mais pas en termes de qualité. Les grappes touchées s’assèchent et tombent. Il ne faut pas enterrer le millésime, car en 2012, année à mildiou, nous avons élaboré de superbes vins ! ». Faut-il le rappeler les années à petits rendements permettent une belle qualité… même si parfois les années à grands rendements aussi…

45% en moins ! 

Pour ce spécialiste de la vigne et du vin, « la réserve va encore une fois montrer toute sa nécessité et sa puissance ». De fait, la Champagne en aura besoin.  Selon les dernières données recueillies par la commission technique, près de 15 % de la récolte pourraient être perdus. Une perte à laquelle il faut ajouter les 30 % (près de 50 % dans l’Aube) de perte due aux épisodes de gel au début du printemps. Avec près de 45 % en moins de matière, le rendement agronomique descendrait à 9 000 kg/ha cette année, voire 8 000  kg/ha alors que la moyenne de l’appellation est de 12 000 kg/ha.

Un vrai cauchemar alors que l’on sort de la crise sanitaire. Entre les rares instants de soleil et ces pluies continuelles qui tombent depuis le début du mois, épuisés, les vignerons champenois sont à bout essayant de sauver ce qui peut encore l’être !  Seul espoir : » il y a souvent une charnière climatique vers le 15 juillet qui peut encore nous sauver la récolte, car il nous faut sortir de l’eau, que le soleil brille et que la terre s’assèche « . Que la Champagne puisse être entendue par les dieux du ciel !


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