Alors que les rendements pour la prochaine vendange viennent d’être définitivement fixés (lire ici) et que le dossier Russe avance doucement, parlons du Comité Champagne avec Charles Goemaere, le chef d’orchestre de l’appellation Champagne. Ce dernier travaillant sous l’égide des deux grandes forces champenoises, le Syndicat général des vignerons de la Champagne (représenté par Maxime Toubart) et l’Union des maisons de Champagne (représenté par Jean-Marie Barillère).
Officiellement nommé depuis le début de l’année dernière en remplacement de Vincent Perrin, Charles Goemaere, 46, ans, est désormais à la barre du Comité Champagne. Une institution dont il connaît fort bien les arcanes. Et pour cause, il y est entré en 2003. Engagé comme tout jeune juriste, puis directeur pôle économique et juridique et directeur général-adjoint, il maîtrise totalement les subtilités d’une Champagne qui est en constante évolution.
Avec cette nouvelle responsabilité, quel est le changement majeur pour vous ?
Le changement majeur pour moi, c’est que désormais je suis chargé avec les professionnels de définir la stratégie et de faire en sorte de la conduire. Cela c’est le rôle du directeur. Pour moi, cette stratégie est de revenir aux fondamentaux, revenir aux missions confiées au Comité Champagne par la loi. Ces missions sont complètement d’actualité, il s’agit de favoriser la qualité des vins de champagne pour assurer sa désidérabilité, et poursuivre la stratégie de développement durable. Il nous faut sécuriser le modèle champenois et ses spécificités dans un monde rural tout en avançant sur les activités en matière de protection d’appellation et en accroissant l’investissement du Comité Champagne en matière de valorisation d’appellation.
Pour vous qu’en est-il du développement durable en Champagne ?
On a la chance d’avoir des équipes de grande qualité. Nous devons poursuivre d’une manière incessante la recherche avec nos différents programmes et accélérer le développement durable. C’est de la responsabilité de la filière. Il faut trouver les moyens de s’adapter à un changement climatique qui est là et tenter de faire notre part d’atténuation à ce changement climatique. Et cela évolue beaucoup en Champagne. La VDC (Viticulture durable en Champagne) a permis de prendre tous les aspects d’un développement durable dans le vignoble à l’instar de la problématique des traitements et l’utilisation des pesticides, mais aussi celles de la préservation des ressources en eau, de la diminution de l’empreinte carbone et de préservation des paysages. Ce qui est important, c’est de se préparer aux attentes sociétales, les consommateurs d’aujourd’hui ne se posent pas la question sur notre filière, mais demain, il faudra apporter des preuves, et donc cet engagement d’être 100 % certifié est très important.
La spécificité des paiements champenois a-t-elle failli disparaître ?
C’est vrai que nous avions des enjeux avec la pérennisation des autorisations de plantations, et surtout des enjeux de délais de paiement lors des négociations de la PAC avec l’organisation commune des marchés qui gère la filière viticole. C’était surtout un risque pour notre équilibre champenois, Si on n’avait pas réussi, tous les vins clairs auraient été payés à 60 jours au lieu d’être payés avec notre système de contrats sur un an par quart tous les trimestres. On a mobilisé tout le monde et l’on s’est beaucoup battu pour préserver ce modèle champenois. C’est un modèle de création de valeur et de partage de la valeur pour la prospérité de la région.
Hormis les différents programmes de recherche et de valorisation, va-t-il avoir des projets au sein du Comité Champagne ?
On va refondre notre site internet. Nous souhaitons de réaliser un site inspirationnel et non pas institutionnel. Passer ainsi du site du Comité Champagne à celui de l’appellation Champagne. Il faut également continuer notre mission d’éducation. C’est la particularité du Comité Champagne, les professionnels attendent de nous d’expliquer ce qu’est l’Appellation Champagne pour permettre aux opérateurs de se concentrer leurs spécificités.





