Positif ou négatif ! Arnaud Vanderwoord, chef de caves de la Covama, a annoncé l’adoption d’une nouvelle technique pour détecter la présence de Botrytis, champignon responsable de la pourriture grise sur les raisins. Cette méthode, appelée Botrytis Alert, va être utilisée pour affiner les contrôles des moûts avant leur entrée en cuverie, avec un objectif clair : garantir la qualité des vins et aider les partenaires à optimiser leurs tris lors de la récolte.
Une stratégie réfléchie
L’initiative de la Covama n’est pas le fruit du hasard. Lors de la campagne précédente, l’équipe œnologie et laboratoire de la coopérative a assisté à une présentation du « Botrytis Alert » organisée par le Comité Champagne. Impressionnés par le potentiel de cette technique, la Covama a décidé de réaliser lses propres tests internes. Les résultats prometteurs ont conduit à la validation de l’utilisation de ce test dès les vendanges 2024, en complément des méthodes de contrôle déjà en place.« Ce test vient s’ajouter à nos pratiques historiques de dégustation des moûts et aux analyses de laboratoire que nous réalisons systématiquement », explique Arnaud Vanderwoord. « Nous mesurons déjà l’acide gluconique, le glycérol et l’acide acétique, mais le Botrytis Alert permet d’affiner encore plus nos contrôles. »
Le rôle du Botrytis Alert dans les vendanges
L’utilisation du « Botrytis Alert » va permettre de distinguer avec précision les moûts issus de vendanges saines de ceux contaminés, qu’il s’agisse de légères ou de fortes contaminations par le botrytis. Ces informations seront cruciales pour les partenaires de la Covama, qui pourront adapter leurs stratégies de tri à la parcelle ou au pressoir en fonction des résultats. Au sein d’Alliance Champagne (réunissant la Covama et l’Union Auboise), une décision commune a été prise pour utiliser la même grille de lecture des tests. « Cela va nous permettre de progresser encore plus vite en comparant nos données et nos pratiques », précise le chef de caves. La technologie derrière le « Botrytis Alert » repose sur des bandelettes immunologiques, utilisant la méthode de l’immunodétection pour repérer la présence du Botrytis cinerea. « La manipulation est simple et rapide, très similaire aux autotests COVID que nous avons tous connus », explique Arnaud Vanderwoord.
Un outil au service de la qualité
Le procédé est le suivant : quelques microlitres de moût sont déposés dans une solution tampon, puis quelques gouttes de ce mélange sont versées dans un réceptacle à bandelette. Après avoir inséré la bandelette dans le réceptacle pendant 10 minutes, celle-ci est ensuite lue par un cube de lecture automatique. Deux bandes apparaissent : l’une confirmant la validité du test et l’autre renseignant sur la présence ou non du Botrytis, ainsi que sur l’intensité de la contamination.
Grâce à l’accumulation des données récoltées, les équipes de la Covama pourront évaluer des plages de contamination pour chaque vendange, offrant ainsi une vue d’ensemble plus précise sur l’état sanitaire des raisins avant leur pressurage. Avec l’introduction du Botrytis Alert, la Covama se dote d’un outil supplémentaire pour garantir la qualité de ses vins et offrir à ses partenaires un soutien technique précieux durant les vendanges. « L’objectif est d’apporter une analyse plus fine des moûts et d’aider à prendre des décisions éclairées en matière de tri ».




