C’est la première assemblée de l’année, l’assemblée générale de l’Union Champagne, le fer de lance de la Côte de Blancs. Une fois de plus, elle s’est tenue en distanciel. Dominique Babé, président et Marc Ferté, directeur général durant l’exercice 2020/2021 ont présenté leurs (beaux) résultats (voir graphiques ci-dessous). Toutefois on le sait tous en Champagne, c’est le discours du président de l’Union Champagne qui annonce la couleur en termes de rendements à la prochaine vendange : « On ne peut qu’être optimiste, si on intègre les sorties qui sont aux environs de plus de 300 millions de bouteilles avec un chiffre d’affaires record de 5, 8 milliards d’euros, on peut imaginer un niveau d’appellation au minimum de 11 000 kg à l’hectare ». La messe est dite !
Car pour Dominique Babé, si la vendange 2020 était une vendange qualitative avec des volumes conséquents, la récolte a été faible en 2021 : « On peut dire que c’était la bataille du raisin, non la guerre du raisin grâce à notre procédé de régulation ». Et Dominique Babé s’interroge : « comment garantir encore mieux que la réserve bloquée à 8 000 kg ? Cela paraît essentiel par rapport aux incidents climatiques et pour promouvoir la certification environnementale nécessaire à la Champagne de demain ? Si la rendement 2022 n’est pas la hauteur des besoins pourra-t-on éviter la guerre du raisin ? ».
Dégustation virtuelle, reprise adhérents, séminaire, la pandémie a obligé l’Union champagne à s’adapter. De plus, les investissements du futur outil de production d’Oger (5,5 millions d’euros) ont été décalés d’un an par manque de visibilité générale face à la hausse des matières premières « C’est la guerre de la matière première avec des hausses immodérée de la ferraille, du charbon de bois et de l’énergie, un ensemble de galères pour réaliser ces investissements ». Il sera opérationnel d’ici la campagne 2023.
Des performances inédites
Pour Marc Ferté, « les résultats de cet exercice 20/21 sont bien au-delà de ce que nous avions imaginé. Les performances sont inédites et marqueront l’histoire de notre union« . En évoquant le fameux rebond, Marc Ferté reconnaît que c’est : « un rebond hors norme ! Passant d’un chiffre d’affaires de 32 millions à 41, 8 millions, cette croissance s’est faite sur les marchés des vins clairs libres et en développant sensiblement notre activité commerciale. Comme beaucoup, nous avons assez tôt vu la reprise, et nous avons finalement retrouvé nos niveaux de ventes du champagne de l’exercice 2017/2018, soit 10 millions de bouteilles expédiés annuellement, un volume qui n’était pas attendu avant 2022/2023″. Mais surtout, ce développement se fait au profit de la marque de Saint-Gall : « Fin décembre 2021, la marque voit son chiffre d’affaires progresser de 85 % par rapport à 2020 et 78 % par rapport à 2019. La marque représente le quart des ventes de champagnes de l’Union. C’est la cuvée Orpale qui a rencontré un vif succès avec une belle valeur ajoutée. À noter la progression à l’export (69 %), de Saint-Gall est désormais expédié dans plus de 30 pays, les volumes ont été doublés et le prix moyen de vente augmenté. L’objectif est désormais de vendre un million de bouteilles en réduisant la part des marques distributeurs, il nous faut continuer en faisant moins de volumes, mais en allouant au bon client ».
« Des pourcentages de progression à faire rougir un économiste«
Pour Dominique Babé : « Volume et valeur, la marque de Saint-Gall progresse régulièrement, ce n’est que du bonheur ! Surtout que nos stocks permettent répondre au développement ». Pour l’année à venir, Dominique Babé est optimiste : « cela va reprendre, le miracle « champagne » s’est produit, les ventes sont reparties plein pot. Les pays anglo-saxons ont largement contribué au redémarrage en affichant des pourcentages de progression à faire rougir un économiste. Les 320 millions bouteilles vendues pourraient être dépassés sur l’année civile. Une disponibilité insuffisante de nos bouteilles serait-telle favorable à l’évolution des crémants ou autre mousseux mondiaux ? Pour éviter la guerre du raisin, il faut une récolte quantitative et qualitative bien sûr, sinon, ce sera la guerre du raisin et la guerre de prix. Et là se profile le fameux dossier de la délimitation de notre Champagne ». Et de rappeler que malgré les atermoiements à propos de la révision de l’aire d’appellation, « la Champagne n’a jamais géré la pénurie, elle a toujours réagi en augmentant les volumes sur les marchés. Je vous le dis, seul le maintien des autorisations d’exploitations peut permettre d’intégrer de nouvelles surfaces sans déstabiliser la profession dans son ensemble. N’oublions jamais que dans cette histoire de révision que la Champagne est répartie sur 5 départements et trois régions administratives, et appartient à tous les vignerons, cela veut dire que chacun peut bénéficier sans souci de l’extension, si extension il y a ! ».








