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Dégustation des vins clairs 2020 avec Laurent Fédou, chef de caves de Canard-Duchêne

©La Champagne de Sophie Claeys

Nous y voilà ! Les dégustations de vins clairs de l’année 2020 débutent . C’est un moment important en Champagne. De grandes décisions y sont prises. Des décisions qui influeront le lancement de cuvées qui arriveront sur les marchés dans quelques années. Donc on peut imaginer que l’affaire n’est pas simple en ces périodes incertaines. D’autant plus que le rendement marché  2020 n’a pas été très abondant (lire ici). Quels vins, quels assemblages, pour quelle cuvée ? Il faut bien choisir et ne pas se tromper.

Commençons donc ces pérégrinations aromatiques et gustatives avec Laurent Fédou, chefs de caves de Canard-Duchêne. Une dizaine d’échantillons sur la table, un petit tour d’horizon de l’appellation, qui fait dire sans hésitation que l’année 2020 a été bonne. Ainsi ce meunier de Verneuil (Vallée de la Marne) dont les parfums rappellent ce souvenir d’un fruit croqué par un beau jour d’été. Un autre meunier provenant des terres d’Hautvillers particulièrement ample et laissant une belle longueur. Pour les pinots noirs, Laurent Fédou m’emmène dans l’Aube pour déguster un vin du terroir des Riceys. Un vin fin, délicat, très équilibré. Puis de Fontette marqué là encore par sa délicatesse, mais aussi par sa précision. On retrouve également cette complexité subtile avec du pinot noir à Aÿ. De quoi apprécier cette étonnante évolution de certains pinots noirs qui selon leur terroir et leur exposition se retrouvent presque à « chardonner ». Justement côté chardonnay, c’est à Grauves (Côte des Blancs) que s’exprime un nectar aromatique et puissant, une sorte de condensé du cépage. Et à… Étréchy, aux portes de la Côte des Blancs (côté Vertus) qui à l’inverse est tonique, léger, presque une dentelle de chardonnay. Comme le souligne  Laurent Fédou : « c’est sûr, cette année, il n’y a pas de souci pour élaborer de très bons bruts ». Car rappelle-t-il, « c’est une petite vendange, on ne peut pas faire des millésimes en pagaille. Bien sûr, on va en faire, mais garder la matière pour les bruts ». Qui, faut-il encore une fois le signaler, sont les cuvées majoritairement vendues sur les marchés (environ 80 % des ventes).

Alors qu’avec les chaleurs excessives de l’été 2020,  les vendanges ont été historiquement précoces (mi-août), le chef de caves s’interroge sur « cette sensation de fraîcheur malgré des taux d’acidité bas ». D’ailleurs, cela fait trois vendanges qu’il réserve des vins sans fermentation malolactique dans les cuves… en prévision de réchauffements climatiques futurs, « il faut assurer la continuité du style maison ».