
Certaines dégustations nous emmènent dans des mondes d’arômes et de textures qui nous laissent à jamais une empreinte organoleptique. Celle de la verticale des années 2 000 « Les millésimes de la décennie » de Dom Pérignon en fait partie. « Nous allons remonter le temps avec les blancs et les rosés de la décennie » précise Vincent Chaperon, chef de caves de Dom Pérignon. Voilà donc une promenade prometteuse associant tous les sens et d’autant plus harmonieuse qu’elle s’est déroulée à l’abbaye d’Hauvillers. Et que chaque dégustation réalisée dans cette atmosphère chargée d’émotion et d’histoire reste magique. Presque bénie des dieux… de la Champagne.

Organisée par Bulles & Millésimes et Jean-Baptiste Duteurtre, cette dégustation s’est déroulée en petit comité en compagnie de charmants compères à l’instar de Bruni Duteurtre (ancien directeur du Laboratoire de Recherche Moët & Chandon), de Bernard Burtschy (dégustateur, critique et chroniqueur). On y a parlé oxydation, autolyse et vendanges. Toutefois hormis toutes ces notions techniques liées à la vinification et au millésime, le résultat est là : Dom Pérignon reste toujours et encore un mystère s’approchant de la perfection comme une symétrie de l’esthétisme. Certes, « il » en a les moyens par les ressources procurées par le groupe le plus puissant de la Champagne et une très belle équipe oenologique, mais faut-il encore avoir le talent d’assembler les vins et les hommes.

Dégustations :
- Dom Pérignon Vintage 2012 : dernier millésime sorti en 2021. Un joli nez pomme golden évolué, riche en bouche, jolie salinité Millésime tardif
- Dom Pérignon Vintage 2010 : fruit exotique, année superbe pour les pinots noirs, très belle longueur en bouche, nez sur le tilleul « c’était une année à botrytis qui a explosé à la veille de la vendange. Ce sont les vendanges à l’envers de Moët & Chandon commençant par les terroirs qui n’étaient pas du tout contaminés même si lil a fallu perdre une partie du raisin. J’ai un lien de coeur avec ce millésime » commente Vincent Chaperon
- Dom Pérignon Vintage 2009 : joli nez parfumé, complexe, accrocheur, très facile.
- Dom Pérignon Vintage 2006 : fumé en bouche et encore jeune avec des notes toniques en bouche, de jolies amertumes astringente comme un rebond.
- Dom Pérignon Vintage 2004 et Dom Pérignon Vintage 2004 – Plénitude 2 : quoi qu’en disent certains, on ne dira jamais assez de bien de 2004. Le premier a été dégorgé en 2011, le second dégorgé l’année dernière sera sur les marchés en fin d’année. c’est un (bel) exercice de style sur l’oxydation et sur les propriétés de l’autolyse qui apporte tant au Plénitude.
- Dom Pérignon 2003 et Dom Pérignon Vintage 2003 – Plénitude 2 : petit crush pour le Dom Pérignon 2003 et … un coup de foudre pour le Vintage 2003, fraicheur, vinosité et verticalité avec une précision des arômes sur des vins qui ont près de 20 ans.
- Dom Pérignon 2002 et Dom Pérignon Vintage 2002 – Plénitude 2 : une « tuerie », un immense vin sur l’un des plus beaux millésimes de la Champagne ! Et un Dom Pérignon Vintage 2002 doré, frais beurré sur lequel on trouve la légèreté et l’élégance.
- Dom Pérignon Vintage 2000 – Plénitude 2 : dégorgé en 2015. Frais, équilibré élégant, un millésime complet.
- Dom Pérignon Vintage Rosé 2008 : très belle bouche, fruité encore jeune.
- Dom Pérignon Vintage Rosé 2006 : charmant, élégant, délicat aux premiers arômes, puis un vin profond structuré en fin de bouche.
- Dom Pérignon Vintage Rosé 2005 : là encore on est sur la structure, un vin droit sur le pinot noir, beaucoup de tanins.

Les petites surprises de Vincent Chaperon :
- Dom Pérignon Vintage Rosé 1995 – Plénitude 2 : pomme d’amour, fruits rouges, longueur en bouche épicée, dégorgé en 2016, bref ça envoie, c’est du lourd !
- Dom Pérignon Vintage 1975 – Plénitude 3 : 1975 l’année du pinot noir, dégorgé après 2005. Intensité et élégance. C’est la quintessence de Dom Pérignon.




