Comme, pour cause d’actualité champenoise, (lire ici), j’ai beaucoup évoqué beaucoup du monde coopératif en Champagne, ses patrons, ses groupes, ses adhérents, ses hectares, ses forces et ses faiblesses, voici  donc un autre regard sur la coopération champenoise, celui porté sur un vigneron coopérateur. Olivier Coulon (Champagne Coulon Père & Fils) est viticulteur à Villedommange. Il fait  partie de cette majorité silencieuse de la Champagne qui avance doucement, mais sûrement.

Avec 4, 5 hectares, pour les trois-quarts sur Villedommange et pour le reste à Coulommes-la-Montagne, deux communes Premier Cru, Olivier Coulon a repris l’exploitation familiale en 1987. « On retrouve le premier vigneron de ma famille en 1806 » précise-t-il. Près de 160 adhérents sont intégrés la Coopérative de Villedommange représentant 210 hectares « C’est une coopérative qui est gérée dans son intégralité par les adhérents. Il n’y a pas de personnel ». L’œnologie, la traçabilité, la technique… Chacun se répartit la tâche pour soi et pour les autres.

Sur l’ensemble, près de 80 personnes représentent des acteurs participants dont 30 sont vignerons manipulants. Tous les autres sont des « vendeurs au kilo ». Les maisons, et ce parmi les plus cotées, ne s’y trompent pas et apprécient les moûts de la coopérative. On y trouve ainsi Veuve-Clicquot, Roederer, Krug, Charles-Heidsieck Ployez-Jacquemart, Cattier…

Si les vignerons manipulants de la coop œuvrent avec l’outil collectif, une nouvelle génération vinifiant ses propres vins, désire aller un peu plus loin pour être au plus près de ses cuvées en leur ajoutant une certaine individualité : « il faudrait nous restructurer et réaliser des investissements pour travailler à la parcelle » souhaite Olivier Coulon.

Car évidemment, si je prends comme exemple Olivier Coulon en tant que vigneron coopérateur… C’est que ses champagnes sont tout simplement …bons.  Avec une gamme classique, composée d’un brut Réserve, d’un brut Tradition, d’un rosé, d’un blanc de blancs, d’un cuvée issue d’un chai et de millésimes, Olivier Coulon travaille ses vins à la « Champenoise » (sauf le blanc de blancs bien sûr !). Soit un tiers de chaque cépage. Avec une fermentation malolactique bloquée, le dosage évolue entre 7/8 gr/l. Sans chichi intellectuel ou détours d’élaborations compliqués, le résultat est là : ses cuvées sont faciles, agréables et parfumées, on y retrouve la sapidité du terroir et des vins complexes bien faits. Avec un coup de cœur pour les millésimes (2008, 2012, et.. 1999) qui (particulièrement en grand format !) prennent là toute leur ampleur.


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