« On est devant une trilogie superbe. Trente ans après, nous retrouvons devant le phénomène de la trilogie des superbes millésimes 1988, 1989 et 1990 » a -t-il espéré le 17 août dernier (lire ici). L’espoir de Jean-Baptiste Lecaillon n’a pas été déçu. La vendange 2020 a rejoint le duo des millésimes 2018/2019, intégrant en qualité les plus belles récoltes du siècle. Mais peut-on lire l’avenir dans une boule de cristal ? De quoi remonter le temps et à justement déguster avec le maître de l’art de la maison Louis Roederer le trio magique des 1988, 1989 et 1990 de la cuvée emblématique de la maison, en l’occurrence, Cristal : la perle rare de Roederer issue de sept Grands crus différents composés d’environ 80 hectares et de 45 parcelles différentes sur le vignoble en propre de la maison (certifiés bio en 2020, lire ici).
Donc nous voici, boulevard Lundy à Reims (distanciation sanitaire assurée !) devant les trois anciens flacons. Mais pas que… De fait, comme l’ami Jacques Dupont, est également présent pour son numéro spécial vin du Point, quelques autres cuvées de la gamme ont été ajoutées à l’instar du brut Premier, Blanc de blancs 2013, Cristal 2012… ainsi que le Cristal Oenothèque 1999, en brut et en rosé, qui vient d’être commercialisé sur le marché (lire ici). De quoi se rappeler que c’est dans les vieux pots que l’on fait les meilleures soupes… (Un peu osé, mais il fallait que je le fasse ! ) et d’effectuer une liaison avec le 1988 , 1989 et 1990. Alors l’Histoire se répètera-t-elle pour notre trio des années 2018, 2019 et 2020 ? On peut le souhaiter de tous ses vœux.
Si l’on dresse un rapide panorama 1988, 1989 et 1990 sont des vendanges de septembre, voire de fin septembre pour l’année 1990. Les trois récoltes ont subi des épisodes de grêle lors des mois d’avril. On peut également se souvenir qu’une deuxième vendange s’est déroulée en octobre pour le millésime 1990. Si on aborde la question de la dégustation, il n’y a qu’un mot pour qualifier ces vins : « magnifique ». Pur, brillant, précis, doté d’une fraîcheur incroyable (sans malo bien sûr) malgré un dégorgement d’origine, parfaitement structuré par les tanins sans oublier un univers de sapidité, de salinité et de parfums pour le 1988 et 1989… Soyons honnêtes pour le 1990, il était bouchonné.
Pour ceux qui connaissent le travail viticole et œnologique mené par l’équipe de Roederer sur Cristal, on sait que cette cuvée développe toutes ses belles qualités au fil des années. Sortant ces millésimes assez tôt sur le marché par rapport à d’autres grandes maisons, Cristal joue sur une vivacité et une jeunesse qui n’en finit pas, serait-il immortel ?





