Bienvenue dans le royaume du pinot noir du champagne G. H. Mumm. Le cépage noir représente aujourd’hui 78 % des vignes détenues en propre par Mumm en Champagne. Dès sa création, les destinées de la Maison Mumm ont toujours été liées à celles du pinot noir. En 1840, la maison fait l’acquisition de ses premières parcelles à Verzenay, sur le versant nord de la Montagne de Reims. Un village est déjà réputé pour l’excellence de ses pinots noirs. Dès la moitié du XIXe siècle, on lui donne déjà le surnom de « fin cru », bien avant l’entrée en vigueur de son classement Grand Cru. Ce n’est pas un hasard si les raisins récoltés dans ses vignes sont choisis en 1842 pour élaborer les premiers champagnes millésimés de la maison, à une époque où la notion même de millésime est encore nouvelle.

Aujourd’hui, Mumm est toujours implanté sur ce terroir historique, où ses vignes s’étendent désormais sur quinze hectares. Au fil des décennies, d’autres acquisitions de parcelles sur la Montagne de Reims, à Bouzy, Verzy, Aÿ, Ambonnay et Mailly-Champagne, ont renforcé la priorité du pinot noir dans le vignoble de la maison. De quoi faire mettre en valeur ce cépage avec une belle dégustation présentée par Laurent Fresnet qui a repris il y a un an les destinées des vins de la maison (lire ici) . Une dégustation sous forme de verticale qui remonte le temps de 2012 à… 1964.

RSRV et Blancs de Noirs

« Puissance, richesse, élégance et fruité » : c’est ainsi que s’écrit le style des champagnes de la Maison Mumm. Commençons avec la fameuse RSRV. Petit aparté : RSRV, initiales signifiant « réservé ». Bien sûr pour ceux qui connaissent la fameuse histoire, il ne s’agit plus, comme cela se faisait à l’époque, de remettre une carte de visite avec un coin plié pour signifier à celui qui la reçoit qu’il compte parmi les amis de la maison. Contemporaine, la collection RSRV est désormais commercialisée par le biais de la cooptation et d’une application mobile. Issue des terroirs de Verzenay, et de la vendange 2012, la RSRV 2012 ne fait pas mentir ce millésime qui atteint une certaine perfection actuellement avec des notes complexes et enrobantes et une finale sur un zeste d’agrume. Pour l’année 2009, bien évidemment là aussi le millésime ne ment pas, la RSRV se fait facile et généreuse à boire. Quant à 2008 (dégorgé en 2016), le premier de sa catégorie en RSRV,  on ne peut pas se tromper, malgré une légère patine,  ce millésime est aromatique, riche et reste encore bien frais.

Passons par le Blancs de Noirs Mumm, également issu de Verzenay. Déjà avec un millésime 2007 doté d’un léger gout de réduction et d’une jolie fin délicatement herbacée. Puis avec le millésime 2002, dont on ne dira jamais assez de bien, qui reste en pleine forme, voluptueux et épicée, malgré ses presque vingt ans d’âge.

Pour terminer en beauté, Laurent Fresnet a parcouru les caves Mumm pour dénicher un magnum 100 % pinot noir de 1964 (les vendanges débutent sous la pluie le 16 septembre). Une année qui est classée comme un  très joli millésime en Champagne. À raison, malgré son demi-siècle, ce pinot noir de Mareuil-sur-Aÿ laisse encore une belle puissance en bouche et reste d’une fraîcheur incroyable.

« Redde Caesari quæ sunt Caesaris, et quæ sunt Dei Deo » (Rendons César cee qui appartient à César !) les millésimes présentés et dégustés ont élaborés par Didier Mariotti (actuellement chef de caves chez Veuve-Clicquot) et Dominique Demarville (actuellement directeur général du Champagne Lallier), quant au millésime 1964, c’est à Bernard Geoffroy qu’on le doit !


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